Une aide téléphonique pour les femmes handicapées

Quatre femmes handicapées sur cinq subissent des violences. Partie du constat que les témoignages de « femmes handicapées ayant subi des violences physiques et/ou psychologiques étaient très nombreux », Maudy Piot, présidente de l’association Femmes pour le dire femmes pour agir (FDFA), a décidé de créer un numéro d’appel pour ces victimes. « Il n’existait aucun numéro genré, c’était donc nécessaire », martèle Maudy Piot.

Le numéro en question (01-40-47-06-06), démarré le 9 mars 2015, est une permanence d’écoute, tenue le lundi après-midi de 14h30 à 17h30 et le jeudi de 10h à 13h. En dehors de ces créneaux, les personnes laissant un message sur le répondeur et désirant être rappelées le sont. « Nous ne rappelons pas si on ne nous le demande pas, car on peut mettre la personne en danger si c’est l’agresseur qui répond », explique Maudy Piot.

Manque de bénévoles formées

Un peu plus d’un mois après le lancement du numéro, le bilan montre surtout une insuffisance de moyens. « Ce sont des bénévoles formées qui assurent les permanences d’écoute, nous en avons huit, mais c’est insuffisant, nous allons refaire des formations en juin et en septembre », annonce Maudy Piot.

Depuis l’ouverture de la ligne, 35 appels ont été reçus. Au-delà de l’écoute, la permanence a aussi pour but d’aider les victimes à s’en sortir. « Nous leur proposons d’assister à un atelier de discussion organisé par notre association (l’atelier convivialité), puis l’atelier Beauté et bien-être pour se réapproprier son corps, et enfin l’atelier Emploi travail, pour obtenir une autonomie financière », explique la présidente de FDFA.

S’il est nécessaire que de réels moyens soient investis dans l’aide aux femmes handicapées qui subissent des violences, Maudy Piot espère qu’ « un jour ce numéro disparaîtra, car il n’aura plus de raison d’être, car toutes les instances existantes sauront aider les femmes handicapées ».

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