La France, 23ème du palmarès des meilleurs pays où être mère

Ce matin, le Huffington Post – Maghreb publiait un article sur les « meilleurs pays africains pour être mère ». Ce dernier fait suite au rapport de l’ONG « Save the Children » publié ce lundi 4 mai qui proposait un palmarès annuel mondial. L’article nous apprend notamment que pour les pays maghrébins, sur 179 pays évalués, les résultats ne sont pas si catastrophiques qu’on pourrait le croire. La Libye se place 50ème, devant la Tunisie (57ème) suivie de l’Algérie (76ème) et du Maroc (125ème). On s’attendrait naturellement en regardant le top 10 à trouver un grand nombre de pays européens dont la France. Or, une fois le classement sous les yeux, ce n’est pas tout à fait, ça …

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La France absente du top 10 …

… ou même du top 15. Ou même du top 20. Oui, la France si fière de son système de santé qu’elle ne se retrouve que 23ème dans ce palmarès des meilleurs pays où être mère. Le classement de la France s’appuie, selon le rapport, sur une récente analyse  du taux de mortalité infantile dans les régions de Lyon de de Lille (1).

Cette étude a prouvé que les familles vivant dans les quartiers les plus défavorisés avaient un risque de mortalité infantile significativement plus élevé que celles des familles vivant en quartier aisé.

Dans la ville de Lyon, la mortalité infantile augmenterait d’ouest en est avec un taux plus élevé à l’est. Les chercheurs pensent que ce type de micro-analyse permet de mettre en évidence des inégalités de santé qui sont souvent cachées dans les estimations de la ville ou plus largement de l’État.

En premier on retrouve la Norvège, suivie de la Finlande, de l’Islande, du Danemark et de la Suisse. Voilà donc le top 5. Des places 6 à 10, on trouve les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne, l’Australie et la Belgique.

Les chiffres pris en compte pour le classement

Pour établir ce classement, l’ONG indique avoir étudié cinq facteurs : le taux de mortalité pendant la grossesse, le taux de mortalité infantile (en-dessous de 5 ans), le nombre d’années d’études moyenne par enfant, le revenu national brut par habitant et la participation des femmes au gouvernement. Tous ces chiffres datent de 2013, exceptés pour le dernier facteur dont les chiffres sont de 2015.

La France obtient un taux de 4,2 morts d’enfants ayant moins de 5 ans sur 1.000 naissances. Son revenu brut par habitant est de 43.460 dollars. Son taux de participation de femmes au gouvernement n’est que de 25,7%. En comparaison, la Norvège, classée première, n’a qu’un taux de 2,8 morts d’enfants de moins de cinq ans, un  revenu brut par habitant de 102.610 dollars et un taux de participation de femmes au gouvernement de 39,6%.

Autre chose à bien noter, le top 3 du plus grand taux de participation de femmes au gouvernement n’est pas européen ! En première place, on observe le Rwanda avec une participation de 57,5% suivi de la Bolivie (51,8%) puis de Cuba (48,9%). On est bien au-dessus du 25,7% français et du 19,5% américain.

Notes :
(1) Cette analyse est issue de la thèse de Cindy PADILLA soutenue en 2013 : Inégalités sociales de santé et expositions environnementales. Une analyse spatio-temporelle du risque de mortalité infantile et néonatale dans 4 agglomérations françaises.

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Tin Hinan est étudiante en histoire de l’art et anthropologie. Particulièrement touchée par les questions d’oppression des femmes et de racisme, elle va, entre autres, tenter de vous montrer comment l’art peut en être un excellent témoin. Vous la retrouverez souvent dans la chronique Femme & Art mais aussi ici et là selon l’actualité. Image : Lehnert & Landrock, Ouled Naïls, 1905