Augmentation du nombre de plaintes pour viol : plus de viols ou une meilleure information ?

Selon la publication du Figaro, le nombre de viols rapportés passe de 10.762 en 2010 à 12.768 en 2014. Plus spécifiquement, le nombre de viols sur mineurEs rapportés passe de 5.751 à 6.936 sur la même période.

Illustration : Commisariat de Police de Rochefort
Marion1000 de Wikimedia Commons (CC BY SA)- Crédits ©

Si cela donne à un chiffre d’une plainte de viol toutes les 40 minutes, annoncé par le Figaro ainsi que plusieurs autres médias, il s’agit de la partie émergée de l’Iceberg. L’écrasante majorité des viols ne font pas l’objet d’une plainte. En fait, on estime que moins de 10 % des victimes portent plainte. Ce qui amènerait à dire qu’en réalité, très grossièrement, il y aurait un viol en France toutes les 4 minutes.

L’augmentation du nombre de plaintes n’indique donc absolument rien sur le nombre total de viols. Ainsi, Marie France Casalis, responsable du pôle formation au sein du Collectif féministe contre le viol et Muriel Salmona, psychiatre et membre de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie (MTV) estiment que les victimes de parleraient plus souvent de leurs viols.

Néanmoins, il reste un très grand travail à faire sur la question. Car ce ne sont pas les obstacles aux dépôts de plainte qui manquent. On peut citer, sans être exhaustive, le déni (pouvant persister au-delà du délai de la prescription), l’insuffisance d’informations (beaucoup de victimes ne savent pas qu’elles ont fait face à un viol, notamment en cas de viol conjugal) ou encore la difficulté des procédures, souvent très violentes pour les victimes (selon une enquête de MTV, 82 % des victimes ont mal vécu leur plainte et 89 % le procès).