Splendeurs et misères : une expo sur la prostitution du XIXe siècle

Jusqu’au 17 janvier 2016 vous pouvez encore aller au Musée d’Orsay pour voir l’exposition « Splendeurs et misères, Images de la prostitution 1850-1910 ». Prenez cependant vos précautions, les queues sont longues en période de pointe durant les vacances scolaires…

Entrée de l’exposition au Musée d’Orsay. Crédits © Ourse Malléchée

Au XIXe siècle, la prostitution prenait de nombreuses formes. Poussées souvent par leur situation précaire, des femmes pouvaient y avoir recours même si elles exerçaient un autre métier, tel que blanchisseuse ou vendeuse dans un grand magasin. L’exposition commence par ses portraits de femmes, dont on doute parfois de cette activité qu’on leur attribue…

L’ascension sociale des courtisanes

Mais le travail du sexe, c’est aussi pour certaines femmes, une ascension sociale. Les artistes, peintres, dessinateurs, photographes, mais aussi bien sûr écrivains, ont baigné dans un milieu où ils ont côtoyé ces femmes, parfois elles-même actrices ou chanteuses, avec souvent un « protecteur » qui les financent. On ne peut évidemment s’empêcher de penser au roman Nana d’Émile Zola lorsque l’on parcourt cette exposition, où l’on passe des femmes attendant les hommes à la sortie des cafés le soir (la prostitution étant interdite le jour) ou buvant de l’absinthe, à des demi-mondaines érigées en véritables déesses. Manet, Degas, Toulouse-Lautrec… ils sont nombreux à s’être prêtés à l’exercice.

Si les artistes se régalent des personnes des prostituées, riches, par leurs parcours variés et tragiques mais aussi fascinant, leur regard reste toujours très sexiste, témoin de leur époque. L’une des constantes qui frappe est le contraste dans de nombreuses oeuvres entre la femme entièrement nue et l(es) homme(s) à ses côtés, entièrement habillé(s), avec même parfois un chapeau haut de forme. Si la liberté du corps de la femme est célébrée, l’homme apparaît lui, sous notre oeil contemporain, comme un pervers qui surveille cette femme.

L’exposition nous met aussi dans une position de voyeuriste, lorsque nous passons dans deux passages « interdits aux moins de 18 ans », pour lesquels il faut franchir un rideau rouge promettant des images sulfureuses. Eh oui, au XIXe siècle, les débuts de la photographie riment aussi avec début de la pornographie…

Cette exposition s’achève sur l’imaginaire de ce milieu, où fantasmes et allégories semblent inépuisables. On en reste sur sa faim, qu’en est-il du XXe siècle ?

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