The Guerrilla Girls et La Barbe

Les Guerrilla Girls, « la conscience du monde de l’art »

Les Guerrilla Girls militent pour dénoncer l’hégémonie des hommes blancs dans le milieu de l’art depuis 1985, nous vous en avions déjà parlé sur Les Ourses à plumes ici. Celles qui se présentent comme la « conscience du monde de l’art » exposent leurs affiches. En caractères surgras, avec humour et sobriété, elles dénoncent le sexisme et le racisme omniprésent.

« QUAND LE RACISME ET LE SEXISME NE SERONT PLUS A LA MODE, COMBIEN VAUDRA VOTRE COLLECTION D’ART ?

Le marché de l’art ne dépensera pas des gros billets sur les travaux de quelques hommes blancs pour toujours. Pour les 17,7 millions que vous venez de dépenser pour une seule toile de Jasper Johns, vous auriez pu acheter au moins une oeuvre de chacun.e de ces femmes et artistes non blanches :
Liste de noms… »

Les Guerrilla Girls apparaissent lors de leurs événements (collages d’affiches, manifestations, interviews…) déguisées en gorilles. Leur masque assure leur anonymat et devient leur symbole

« LES AVANTAGES A ÊTRE UNE FEMME ARTISTE
Travailler sans la pression du succès. Ne pas avoir à exposer avec des hommes.

Pouvoir s’évader du monde de l’art grâce à vos 4 petits boulots. Savoir que votre carrière pourrait décoller à 80 ans. Être rassurée car quel que soit le type d’art que vous faites, il sera étiqueté comme féminin. Ne pas être coincée dans une position d’enseignante universitaire. Voir vos idées perdurer dans le travail des autres. Avoir l’opportunité de choisir entre votre carrière et la maternité. Ne pas être obligée de s’étouffer sur ces gros cigares ou de peindre en costume italien. Avoir plus de temps pour travailler quand votre partenaire vous largue pour quelqu’un de plus jeune. Être présentée dans des versions révisées de l’histoire de l’art. Ne pas avoir à subir la honte d’être appelée un génie. Avoir votre photo dans un magazine d’art déguisée en gorille. »

Les avantages à être une femme artiste :
Travailler sans la pression du succès

 

Vous pourrez aussi feuilleter un livre édité par la MFC Michèle Didier et créé par les Guerrilla Girls (exclusivement en anglais, comme la majorité des affiches présentées), The Hysterical Herstory of Hysteria and How It Was Cured: From Ancient Times Until Now, où elles présentent leur histoire du corps féminin, de comment il a été traité et maltraité à travers les siècles.

La Barbe !

La Barbe « est un groupe d’action féministe qui dénonce le monopole du pouvoir, du prestige et de l’argent par quelques milliers d’hommes blancs » (cf. leur site). Leur mode d’action : avec de fausses barbes, elles interrompent les séminaires, perturbent les conférences et envahissent divers salons. Elles y félicitent avec ironie les organisateurs et les dirigeants, et les encouragent à perpétuer l’entre-soi masculin. Leurs cibles se trouvent partout : en politique, dans les affaires, dans la recherche, dans les media, dans l’art, dans le sport, etc.
Elles présentent ici des tracts, des affiches, et vous proposent d’essayer leurs postiches si vous n’êtes pas déjà barbue.
A cette occasion nous avons pu leur demander les liens qu’elles entretenaient avec les Guerrilla Girls.

La Barbe : « Nos relations avec les Guérillas sont réelles et nous nous rencontrons depuis plusieurs années. Nous sommes liées par le poil et par notre antisexisme.
Nous retrouver à Paris pour exposer nos documents a été un moment important. Le colloque du vernissage, qui réunissait des historien.nes de l’art et des activistes à poil (les Femen à la demande des Guérillas) devant une salle pleine à craquer a certainement été un moment très fort de l’antisexisme en 2016. »

Crédits Galerie Michèle Didier ©

 


Les tracts font office de chronologie de leurs interventions et montrent leur diversité : un salon du livre, les trente ans de la fondation Cartier, des journées portes ouvertes organisées par le Nouvel Observateur, mais aussi un colloque des éditions La Fabrique… Si vous voulez en savoir plus vous pourrez également consulter leur livre La Barbe, cinq ans d’activisme féministe.

« Aujourd’hui nous nous félicitons, une fois encore, de vos choix éclairés : 55 hommes et 11  femmes sont réunis en ces lieux.

[…] Messieurs, bravo, et à l’année prochaine avec les mêmes ! »

 

 

 

Informations utiles : L’exposition se termine le 12 novembre 2016
La Galerie MFC Michèle Didier ouvre du mardi au samedi de 12h à 19h
66 rue Notre-Dame de Nazareth
75003 Paris

Le site des Guerrilla Girls (en anglais) : http://www.guerrillagirls.com/
Le site de la Barbe : http://labarbelabarbe.org/