Stratégies de défense des agresseurs sexuels en milieu militant – et comment les combattre / Partie 2/3 : Les stratégies des agresseurs

Encore une fois tous les agresseurs ne vont pas utiliser l’éventail complet de ces stratégies. Mais la plupart vont en utiliser la plus grande partie. Repérer ces stratégies est une première étape pour les dénoncer et les rendre moins efficaces.

Prendre le contrôle de la narration 

La première chose que va faire un agresseur, et avec une rapidité qui en soit est déjà suspecte, c’est reprendre le contrôle de la narration. Parfois dès les faits et avant la dénonciation, en anticipant le risque de cette dernière, souvent dès qu’il en a connaissance. Il va solliciter tous ses soutiens, camarades, réseaux affinitaires, structures… le plus vite possible, en faisant circuler sa version des faits. Pour toucher le plus de monde possible, il écrira probablement très vite un texte qui passera sur les listes mails, voire sur des sites web (parfois même sur un site dédié). Il multipliera les entrevues, les publications sur les réseaux sociaux, il se rendra dans tous les cadres de sociabilité possibles, pour se montrer et se faire entendre. Bref, il prendra toute la place, et couvrira de son vacarme la version de la victime, souvent peu encline à donner publiquement des détails de son traumatisme. Et beaucoup de gens le laisseront faire ou l’assisteront, par confort, par amitié, pour ne pas remettre en question leurs propres pratiques ou leurs relations interpersonnelles.

L’offensive sexiste frontale

L’agresseur, et ses proches vont le plus souvent jouer une partition très classique qui consiste à décrédibiliser la victime. Selon l’auditoire et la réception des arguments, illes pourront développer les axes qui fonctionnent le mieux : du slut-shaming de base (mettre en avant la vie sexuelle de la victime, construire une image de nympho, de meuf disponible sexuellement), à la psychophobie sexiste élémentaire (la personnalité, les antécédents psychologiques voire psychiatriques seront mis en lumière pour qualifier la victime d’instable, d’hystérique, de mythomane…)

Le temps écoulé, les désaccords autres qui peuvent avoir eu lieu (politiques, ruptures, jalousies…) ou à l’inverse les relations apparemment courtoises avant la dénonciation, seront instrumentalisés pour saper le fond de l’accusation, et distraire l’audience des simples faits rapportés.

Faire du bruit, noyer le poisson en saturant la narration d’éléments parasites permettra à l’agresseur de semer le doute dans de nombreux esprits, alors qu’étudié séparément, aucun élément ne serait en lui-même suffisant – ainsi la fragilité psychologique surexpose en réalité aux agressions sexuelles et aux viols : parler des antécédents psychologiques ou psychiatriques pourrait donc être un élément de conviction, qui rend plus probable encore l’agression. De la même façon les agressions et les viols peuvent être motivés par une volonté de vengeance (car un viol relève de la violence et de la domination), ce qui est cohérent avec des désaccords antérieurs. Même les liens sociaux corrects ne peuvent être un argument : sinon autant invalider la notion même de viol conjugal au sein des couples, qui restent malgré tout ensemble. De plus, il faut dans ces cas-là examiner la contrainte qui s’est exercée sur la victime : l’agresseur était-il un dirigeant ? un compagnon ? une personnalité publique ? le dénoncer impliquait-il de « foutre la merde » dans un groupe affinitaire ? On le voit les arguments peuvent être aisément démontés. Ils n’en restent pas moins efficaces, car ils font perdre du temps et de l’énergie à la victime et à ses proches.

A défaut de pouvoir s’en prendre à la victime, ou simultanément, l’agresseur et ses proches pourront également se livrer à des attaques contre son entourage. Les féministes qui soutiennent la victime seront ainsi montrées du doigt, le plus souvent comme vengeresses assoiffées de sang, tellement obsédées par le patriarcat qu’elles en arrivent à croire n’importe quoi pour s’attaquer à des hommes cis. L’objectif est d’isoler la victime, en contraignant les féministes de son entourage à répondre à des attaques sur elles-mêmes (parfois des attaques très personnelles), et en détournant leur attention. Il est aussi de silencier la victime, car si aucune de ses camarades n’est considérée comme légitime à être sa porte-voix, elle devrait monter au créneau toute seule (ce qui est la plupart du temps insurmontable pour les victimes).

Les arguments politiques

De façon particulière à notre milieu, l’agresseur tente souvent d’allumer des contre-feux basés sur des arguments politiques. Il s’agit comme toujours de brouiller les pistes, en esquivant la question des faits, et en ramenant l’agression, sa dénonciation et ses conséquences, à un débat théorique.

C’est là qu’on verra brandir le mythique « politiquement correct », la « présomption d’innocence » et les « fausses accusations majoritaires » (voir plus haut). Le « politiquement correct » serait le fait de ne pas pouvoir interroger la parole des victimes. Pour avoir réellement entendu cet argument à plusieurs reprises, on en vient à rêver de vivre dans le monde où se croient les agresseurs. La réalité c’est que nous vivons dans une culture du viol, que la plupart des affaires font l’objet d’un refus de prendre la plainte, ou d’un refus d’ouvrir une enquête, ou d’un non-lieu, ou requalifiées, au point qu’un pourcentage infime d’agresseurs – et en particulier de violeurs sont réellement condamnés. Dans le milieu militant, elles sont mises sous le tapis, étouffées « pour le bien de l’organisation », parce que ça donnerait une mauvaise image, parce que, souvent, les agresseurs sont des dirigeants ou des figures publiques, les victimes sont invitées à se taire ou à quitter leurs cadres et espaces militants, et personne ne se soucie de savoir ce qu’elles deviennent lorsqu’enfin elles disparaissent du paysage et avec elles « les rumeurs » vaguement dérangeantes… mais pas trop.

Dans les autres arguments politiques souvent mis en avant, on trouve le « procès politique » : les accusations de violences seraient un mensonge, pour déstabiliser ou écarter un militant innocent qui gênerait politiquement (le fait que ce soit la ligne de défense de quasiment tous les agresseurs dirigeants ou personnalités publiques n’a pas l’air de faire sourciller, cf. DSK, Baupin). De fait, les victimes vont souvent se retrouver soutenues, de façon opportuniste, par les opposants politiques de l’agresseur. Avant de jeter la pierre à celle qui accepte et s’appuie sur ce soutien, il faudrait peut-être se demander pourquoi elle en arrive là, et pourquoi l’agresseur est si souvent largement soutenu par les gens de sa sensibilité… un des phénomènes les plus largement observables et les plus vomitifs du milieu militant.

Pas très loin de cette tactique, on trouve le fait de se poser en victime, de prétendre être attaqué dans ses droits, de faire valoir les éventuelles autres oppressions qu’il (l’agresseur) subit, et surtout le principe de l’exceptionnalité. Ce principe repose sur l’idée que les militants d’extrême-gauche seraient « formés », « déconstruits », que le « milieu » serait safe, C’est une idée à laquelle beaucoup de gens sont attaché.e.s, parfois à un niveau inconscient très ancré, parce qu’illes ont besoin d’y croire pour d’une part ne pas se sentir en danger, et d’autre part ne pas s’interroger sur leurs pratiques. Cela explique sans doute en grande partie (avec évidemment la culture du viol) l’inertie du milieu militant face aux affaires de violences sexuelles. C’est un argument d’autant plus dangereux que les personnes les plus formées, c’est-à-dire les dirigeants, sont en pratique les plus susceptibles de commettre ces violences. Il faut ici s’interroger sur le rapport au pouvoir et à la domination d’une part préoccupante de nos camarades.

Enfin, un dernier argument qui est avancé par les agresseurs acculés, consiste à parler de

“répression”, de “justice bourgeoise”; en bref à associer la demande de justice  de la victime à des lignes politiques réactionnaires. L’agresseur parlera aussi, souvent et sans crainte de se contredire dans sa position vis-à-vis du droit étatique, de “diffamation”, de “cabales”, de “chasse aux sorcières”. Que la victime porte plainte ou non, cela se retournera contre elle : si elle le fait, elle trahit en recourant à l’Etat bourgeois, si elle ne le fait, bien sûr, c’est une preuve de mensonge. On remarquera enfin que les agresseurs et leur entourage critiqueront le recours à l’Etat, mais aussi aux procédures internes de leurs organisations, tout comme aux mesures de représailles autogérées par la victime et ses proches : en bref, tout ce qui compte, ce n’est pas de déterminer la meilleure façon de gérer ce cas, c’est que l’agresseur s’en sorte indemne.

Ça ne les empêchera pas par ailleurs, dans certains cas, de menacer la victime, ses soutiens ou l’organisation, d’attaque en diffamation auprès de la police. Ceci n’a d’autre but que d’isoler de d’effrayer.

Activer ses réseaux

On l’a vu, la plupart de ces stratégies fonctionnent parce que l’agresseur n’est pas seul. Et c’est une erreur que nous, féministes investies dans ce type de travail, continuons malgré tout, malgré nous, à répéter : sous-estimer le niveau de soutien que l’agresseur va recevoir. Des personnalités publiques, des dirigeant.e.s, des militantes féministes, même des opposant.e.s, vont soutenir l’agresseur. C’est une réalité dure à intégrer tant elle nous semble monstrueuse, injuste, inadmissible politiquement et humainement. Mais c’est une réalité : face à une accusation de violences sexuelles, de nombreuses personnes qui n’ont aucune idée de ce qui s’est passé vont par défaut soutenir l’accusé, l’homme, l’agresseur. Souvent, la plupart des gens argueront d’une « neutralité » qui revient au même, puisque renvoyer dos à dos un agresseur et sa victime, c’est en pratique refuser de reconnaître les faits, et donc choisir le camp et les intérêts de l’agresseur.

On l’a vu dès le premier point, les agresseurs vont le plus souvent chercher un soutien urbi et orbi ; dans leurs cadres militants, et en dehors. Ils vont impliquer des personnes qui ne sont que de très loin concernées, pour assurer la diffusion de leur narration. Ils vont s’appuyer, eux aussi, sur les opposant.e.s politiques de la victime ou de son entourage, et beaucoup vont se laisser convaincre de façon opportuniste et écoeurante.

Une fois son entourage de groupies établi, l’agresseur va solliciter et valoriser les “témoignages de moralité” – s’il ne le propose pas lui-même, il approuvera dès que quelqu’un d’autre le fera. Le principe même des témoignages de moralité est absurde. Cela consiste à dire « Je le connais, il ne ferait pas ça », ou « Moi, il ne m’a jamais violée ». Breaking news : les agresseurs ne brillent pas dans le noir, et même les tueurs en série ne tuent pas tous les gens qu’ils fréquentent. Cette tactique s’appuie sur une représentation fausse des violeurs, comme des psychopathes aisément identifiables, ou des individus poussés par leurs « instincts », leurs « besoins », qui rendent l’acte systématique – toutes choses qu’on sait pourtant être fausses. La plupart des agresseurs, et en tout cas les plus dangereux, ceux que l’on étudie ici et qui se caractérisent par un manque total d’empathie pour leurs victimes, choisissent très rationnellement les victimes et les conditions des agressions, précisément pour limiter les risques de conséquences pour eux. Ce sont souvent des proches, des camarades, qui gagnent la confiance de la victime avant de passer à l’acte, et qui comme expliqué plus haut et comme le montrent toutes les statistiques criminelles, sont tout à fait intégrés socialement.

Enfin, activer ses réseaux pour les agresseurs, c’est lâcher les chiens sur la victime : son entourage personnel, mais aussi des personnes persuadées d’être du bon côté, des membres de structures formelles, des camarades prétendument neutres, ou au contraire des ami.e.s intimes de l’agresseur, qui iront expliquer à la victime, en termes plus ou moins choisis, plus ou moins polis, plus ou moins agressifs et destructeurs, qu’elle fait beaucoup de mal à ce sympathique individu, et qu’elle devrait réaliser le tort qu’elle est en train de faire. Les réseaux sociaux sont particulièrement dévastateurs à cet égard : les proches de l’agresseur, convaincus (comment ?) de son innocence s’offrant parfois spontanément à aller harceler la victime.

Reconnaître partiellement les faits

Pour finir, nous allons nous pencher sur une situation qui ne se produit pas toujours, mais qui peut être particulièrement dangereuse. La configuration dans laquelle l’agresseur décide de reconnaître partiellement les faits.

Qu’il y soit ou non contraint par des témoignages extérieurs, il peut être dans l’intérêt stratégique de l’agresseur de reconnaître partiellement les faits.

Cela lui permet de se défendre sans nécessairement (mais ça peut tout de même être le cas) accuser la victime de mensonge, et de garder son image de type  sympa.

C’est une stratégie plus fine que de nier en bloc tout acte sexuel, car alors que l’auditoire peut être réticent à qualifier un récit de viol de délire ou de mensonge de bout en bout, le fait de reconnaître les conditions générales permet de ne centrer la dénégation que sur l’enjeu du consentement.

A partir de là, deux grandes tactiques peuvent être identifiées : crier au malentendu, solliciter des circonstances atténuantes et prétendre que les faits ont un caractère exceptionnel (et donc qu’il faudrait passer l’éponge).

Le malentendu est un argument qui a la faveur du public. Permettant de ne pas condamner moralement un camarade, sans accuser l’autre de mensonge, il est largement apprécié dans les milieux militants. Cependant, il n’est pas sans poser des problèmes graves de définition. D’abord parce qu’une agression sexuelle ou un viol se caractérise par l’absence de consentement de la victime, et non par l’intentionnalité de l’agresseur. Autrement dit, ce n’est pas parce que l’agresseur ne voulait pas violer (et ça se discute) qu’il n’y a pas eu viol. Il y a viol dès lors que la victime n’était pas consentante. Les homicides involontaires sont aux dernières nouvelles punis par la loi. On ne voit guère pourquoi il en serait autrement des violences sexuelles.

Ensuite parce que cette logique de renvoyer dos à dos agresseur et victime ne tient pas compte des rapports de domination qui se jouent dans les milieux militants. Concrètement, accepter la thèse du malentendu et dire « allez faites la paix maintenant » cela revient à nier le traumatisme de la victime, et le fait qu’il soit impossible pour elle de militer sereinement aux côtés d’une personne qui l’a agressée.

Enfin parce que cet argument véhicule et renforce l’idée de la « zone grise » (voir plus haut) et qu’étant donné que la quasi-totalité des violences sexuelles ont lieu sans témoins et sans violences physiques suffisamment graves pour laisser des traces, c’est un boulevard pour débouter toutes les dénonciations de viols. Rappelons-le encore : agresser quelqu’un sexuellement prend du temps.Ne pas voir que l’autre n’a pas envie c’est ne pas s’en soucier : c’est se servir de l’autre comme un objet, c’est bien constitutif d’une violence sexuelle. Ce n’est pas « ah j’avais pas compris, déso », c’est de longues minutes d’actions : que ce soit en jouissant de la tétanie de sa victime, ou en la négligeant, c’est pareil.

L’argument du caractère exceptionnel et des circonstances atténuantes implique quasiment toujours l’alcool (et/ou de la drogue). Rappelons pour commencer que commettre un viol sous l’emprise de l’alcool ou de produits stupéfiants est une circonstance aggravante dans le code pénal (la peine passe de 15 à 20 ans).

Réglons immédiatement son compte à cette ligne de défense. La réalité c’est qu’on ne fait pas n’importe quoi quand on est bourré ou déchiré. On ne se met pas par exemple à tuer des gens et à les manger parce qu’on a un petit creux. Pourquoi ? Parce que c’est impensable. Les agresseurs agressent parce que pour eux l’agression est pensable, elle est du domaine du possible, elle peut d’ailleurs avoir été préméditée. Qu’ils soient sous l’emprise de l’alcool ou qu’ils le prétendent pour justifier leurs actions après coup, ils sont responsables de leurs actes. Enfin, quand on voit qu’on fait du mal à quelqu’un et que cela ne nous dégrise pas, ça dit quelque chose de nos mécanismes mentaux. Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’on perd totalement conscience de ce qu’on fait : les gens complètement torchés ne sont pas en état de violer une autre personne. Ils s’effondrent, titubent, vomissent : des conditions peu propices à un acte aussi long et exigeant physiquement qu’une violence sexuelle.

En bref, les personnes qui prétendent être ivres et se livrent à des violences sexuelles sont bien moins ivres qu’elles tentent de le faire croire, et s’autorisent des choses qui ne leur paraissent pas si choquantes : encore une fois on revient à l’inempathie des agresseurs pour leurs victimes.

L’argument plus général du « dérapage », de l’« accident », d’un « comportement inapproprié ponctuel », d’une « pulsion irrépressible ponctuelle » signifie en réalité en creux qu’un acte de violence sexuelle n’est qu’une anecdote pour l’agresseur, et celles et ceux qui le défendent. Que sans la moindre pensée pour la victime, ils refusent de prendre en compte les conséquences lourdes, étendues qu’elle subit. On revient à l’intentionnalité et aux conséquences asymétriques mentionnées plus haut.

L’exceptionnalité de l’acte peut être justifié en mettant en avant une caractéristique de la victime, ou de la relation agresseur-victime (couple notamment) ; en creux cela reporte la faute sur la victime. Le seul moment où l’agresseur va avancer un argument lié à lui-même (alcool, dépression, malentendu…) c’est en général quand la victime est irréprochable socialement, c’est-à-dire en couple hétérosexuel monogame (c’est d’ailleurs la situation où la victime a le plus de chance de voir sa dénonciation aboutir, puisqu’un autre homme a été « spolié »…).

Soulignons enfin que même dans les rares cas où l’agresseur présente ses excuses et promet de ne plus recommencer cela n’annule pas ce qui est arrivé à la victime. Et elle mérite de pouvoir évoluer dans son milieu sans devoir subir la présence de la personne qui l’a agressée. Cela peut paraître évident mais il semble nécessaire de le rappeler : le but n’est pas de protéger l’organisation ou le groupe affinitaire, en déterminant (comment ?) que l’agresseur n’agressera plus (d’ailleurs qui prendra la responsabilité de cela s’il récidive ?), mais de répondre aux besoins de la victime de cette agression-ci. Elle est réelle, elle mérite d’être traitée correctement.

Pour finir :

Il faut enfin revenir sur une idée assez dangereuse, entendue à plusieurs reprises dans notre milieu. Il s’agit de retourner comme une chaussette l’argument féministe selon lequel la plupart des mecs cis sont des agresseurs en puissance car ils ont été socialisés comme tels (ce qui permet notamment par défaut de croire la parole des victimes). L’idée serait donc que puisque tous les mecs cis sont des agresseurs, et qu’on ne peut pas virer tout le monde, il faudrait une tolérance envers certains hommes accusés de violences sexuelles, prioriser la formation etc.

D’abord bien sûr que si on peut virer tous les hommes accusés de violences sexuelles. Bien sûr qu’on peut demander un milieu qui ne soit pas hostile aux victimes. Oui, nous préférons des organisations dont tous les agresseurs ont été exclus plutôt que des organisations dont les victimes sont parties – et dans lesquelles restent les agresseurs. Ensuite, l’argument de la formation est toujours avancé à point nommé quand il s’agit de protéger un agresseur. Evidemment qu’il faut de la formation. Il faudrait même une formation obligatoire et systématique. Qui inclut, par exemple, un avertissement explicite contre tous ceux qui seraient tentés d’agresser des camarades. A cet égard, le vademecum “Nous sommes touTEs des agresseurses” peut donner de bonnes pistes.

Enfin, il ne s’agit pas de fonctionner sur le mode du soupçon, en fonctionnant exclusivement en non-mixité. Par contre il s’agit de réagir correctement quand un homme est nominativement désigné et que des faits précis lui sont reprochés.

 

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