Lipstick Under My Burkha : 4 Indiennes en quête de liberté

Interdit en Inde, le film Lipstick Under My Burkha d’Alankrita Shrivastava annonce la couleur dès le titre : derrière les conventions des moeurs indiennes, se cache de la liberté, de la séduction, de la révolte. Le film a été diffusé au festival international des films de femmes de Créteil et a reçu le Grand prix du jury fiction.

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On suit le parcours de quatre femmes, d’âges différents. L’étudiante à l’université utilise sa burkha pour voler des fringues branchées au centre commercial et rêve de chanter sur scène. La jeune femme fiancée de force à un homme riche, mais qui en aime un autre au profil bohème. La femme mariée, 3 enfants, qui travaille en cachette de son mari, violent. Enfin, la « Tata », une grand-mère qui lit de la littérature érotique, en espérant pouvoir encore être aimée.

« Tu es une femme, n’essaie pas de porter la culotte »

En voyant ces femmes en quête d’émancipation, on craint tout au long du film de tomber dans des clichés de prince charmant qui vient au secours de la jeune fille en détresse. Il n’en est rien. Le film de la réalisatrice indienne garde un réalisme cruel. « Peut-être que les romans nous font trop rêver », constatent amèrement les héroïnes.

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La violence des hommes à l’encontre des femmes prend des formes multiples : viol conjugal, coups… mais aussi de la violence psychologique (rejet, interdictions, enfermement…). Les femmes sont assurément vues par eux comme des objets, qu’importe leurs sentiments, leurs paroles. Même une dame âgée respectée de toute sa famille ne peut pas essayer de se justifier. Le seul homme semblant « gentil », a sous ses airs niais l’intention de rendre prisonnière sa future femme, sans prendre conscience de la violence du palais doré qu’il lui montre.

Une comédie insolente

Face à cette société indienne résolument patriarcale, les femmes se rebellent. Le film rattrape avec un humour débordant les drames vécus par ces femmes. Le public se sent complice de leurs petits actes de rébellion. Le film prend le parti de ne pas tomber dans le tragique. Comme ces femmes qui continuent de garder espoir et trouvent de la liberté où elles peuvent.

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L’humour mordant et la dénonciation féministe suffisent à justifier l’interdiction de ce film en Inde. Mais pas que : le choix de montrer les choses de manière réaliste s’accompagne d’images et de dialogues crus. La sexualité des personnages et les violences subies sont montrées sans filtre.

Il est cependant rare  qu’un film soit complètement interdit en Inde, la réalisatrice ne s’y attendait pas. « Il est assez courant de censurer quelques passages mais pas d’interdire tout le film. L’Inde est une démocratie, l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans la Constitution. Je vais me battre pour que mon film soit diffusé en salles », affirme Alankrita Shrivastava. Elle constate, que si « beaucoup de femmes font des films en Inde, elles ne rencontrent des difficultés que lorsqu’elles s’attaquent à ce genre de sujet où le patriarcat est dénoncé ».

Prochaines séances :
Lipstick Under My Burkha a remporté le Grand prix du jury fiction du FIFF 2017. Il repassera donc dimanche 18 mars, à 18h, à la Maison des arts de Créteil, mais également samedi 1er avril 2017 au cinéma Grand Action (5 rue des écoles, Paris 5e) à 21h. 
Pour en savoir plus sur son actualité : la page Facebook du film.

 

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Journaliste, cette ourse adore écrire sur les thématiques qui lui tiennent à coeur : discriminations, santé, féminisme, luttes… De formation littéraire, c’est une droguée de lecture et d’écriture. Militante féministe et politique à ses heures perdues (ou gagnées !), elle a fait également partie d’un syndicat étudiant il y a quelques années. Cette ourse est une gourmande qui ne résiste jamais à un chocolat, ou à un pot de miel… Curieuse de tout, elle traîne ses pattes sur les réseaux sociaux à la recherche de la moindre info. Taquine, elle aime embêter les autres ourses. Elle est aussi connue pour ses grognements et son caractère persévérant. Elle ne lâche rien.

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