Les actions d’Emma González gommées par le sexisme des journalistes

Emma González est une des portes paroles des victimes de la fusillade de Parkland en février dernier. Elle milite depuis contre la libre circulation des armes à feu aux États-Unis et a fait la Une du Time pour le mois d’avril 2018 et est à l’origine de l’organisation de la #MarchForOurlives, une manifestation historique contre les armes à feu le 24 mars 2018.

Cependant, les journalistes du journal le Monde couvrant le sujet de #MarchForOurLives décrivent Emma González comme « l’une des élèves de Parkland » qui « impose » des minutes de silences à la foule, alors que David Hogg est décrit comme « devenu l’un des porte-voix du mouvement. »

Cette description pose deux problèmes qui révèlent les préjugés sexistes des reporters.

Rappelons qu’Emma Gonzales a 1.35 millions de followers sur Twitter ; son discours de février « We call BS » a 2,9 millions de vues sur Youtube, et sa confrontation avec le NRA a 5,8 millions de vues.

Son camarade David Hogg qui a droit à une photo flatteuse dans le diaporama de l’article du Monde n’a que 525 000 followers, et sa vidéo youtube la plus vue est celle avec Emma González, à 634 000 vues.

Emma González est victime d’invisibilisation. Peut-être parce que c’est une femme et que David Hogg et un homme, peut-être parce qu’elle est également militante LGBT et qu’elle rase son crâne et vient sur scène avec un jean troué quand David Hogg est plus conforme au stéréotype du leader masculin blanc en costard ?

Le rôle d’Emma González dans la journée de manifestation du 24 mars est diminué, gommé par les journalistes du Monde en charge de décrire la journée, comme beaucoup d’autres actions historiques de femmes fortes, culottées, qui ont été gommées dans les livres d’histoire.

Les journalistes du Monde racontent ensuite qu’Emma González a imposé plusieurs minutes de silence. Or, on voit bien sur la vidéo de son discours qu’elle a choisi de se tenir en silence sur scène, au milieu de son discours sans imposer à la foule de la suivre. Elle a voulu faire un discours de 6min, la majorité du temps en silence, pour faire écho à la fusillade qui a durée 6min20.

 

On entend bien sur la vidéo que la foule scande par moment « never again » ou applaudi Emma González. Le choix de vocabulaire des journalistes du Monde fait écho aux préjugés sexistes auxquels font face les (trop rares) femmes en position de leaders. Elles sont souvent accusées d’être « autoritaires », « tyranniques » quand ce n’est pas « castratrices ».

Sur d’autres endroits de la Toile, le discours d’Emma González n’est pas retenu comme un silence imposé mais comme « l’un des moments politiques les plus formidables ».

Dans un autre journal, le Washington Examiner, un journaliste annonce dans son titre vouloir analyser les méthodes militantes d’Emma González et David Hog :, on ne retrouve en photo que le visage de David Hogg. Emma González était encore une fois invisibilisée et réduite à son nom quand son camarade a droit à une photo très sérieuse prise durant une de ses prises de paroles.

Certains médias, comme les Terriennes, rendent justice à l’influence de la jeune femme en comparant ces actions avec le mouvement « qui a permis de mettre fin à la guerre du Vietnam ».

Partageons les discours et les tweets d’Emma González pour être sûr-e-s que l’Histoire n’oublie pas le rôle qu’elle joue dans l’organisation du mouvement actuel contre les armes à feu aux Etats-Unis !

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