Mère courage ou lâche, deux films captivants au FIFF 2015

fille_zps29smqwz3

« Un jour j’aurais une maison comme ça », rêve une fillette pakistanaise. « Non, cela ne sera que quand tu seras mariée », rétorque son amie. « Mais pourquoi ? » rétorque naïvement Zainab. Dukhtar ( le mot « fille » en pakistan), d’Afia Nathaniel, est l’histoire d’une fille protégée par sa mère, refusant de la laisser partir vers un mariage forcé, alors qu’elle est encore dans l’innocence de l’enfance. « C’est une décision entre hommes » avait tranché le vieux homme auquel Zainab était promis. C’était sans compter le courage de sa mère, qui emmène sa fille dans une course-poursuite captivante et éprouvante.

« Tout le monde aimerait avoir une mère rock star, mais c’est parce qu’ils ne connaissent pas ma mère », affirme dès le début de Todos Estan Muertos, un adolescent espagnol. Sa mère, Lupe, est une femme brisée, incapable de sortir de chez elle, réduite à faire mécaniquement des tartes aux pommes, toute la journée. Son fils, élevé par sa grand-mère, ne la comprend pas. Le mystère du film de Beatriz Sanchis se dénoue au fur à mesure, avec des réponses apportant de nouvelles questions.

Le devenir mère

Ces deux films, le premier lauréat du Prix du public du meilleur long métrage de fiction, et le second du Prix du jury Graine de cinéphage du meilleur long métrage de fiction, interrogent le rôle des mères, leurs sacrifices, leur place au sein de leur société. Leur courage, leurs faiblesses, leurs rêves, sont filmés de manière elliptique, mais dans une cadence prenante. Nous sommes vite embarqué-e-s avec ces mères, liées de manière solide ou fragile à leur enfant. L’une s’enfuit vers la vie tandis que l’autre la fuit. Deux films à voir absolument.

Le dimanche 30 mars, deux séances seront consacrées à la reprise du palmarès, à 20h et 22h, au cinéma Luminor Hôtel de Ville (20 rue du Temple, 4e arrondissement de Paris).

Les autres films primés au FIFF :
-Objects In Mirror de Narges Abyar (Iran) : Grand Prix du jury du meilleur long métrage de fiction.
-L’axe optique de Marina Razbezhkina (Russie) : Prix du jury Anna Politkovskaïa du meilleur long métrage documentaire.
-In The Image : Pastinian Women capture the occupation de Judith Montell et Emmy Scharlatt (USA / Israël) : prix du Public du meilleur long métrage documentaire.
-The Chicken d’Una Gunjak (Allemagne / Croatie) : Prix du public du meilleur court-métrage étranger.
-Sol Branco de Cristele Alves Meira (France / Portugal) : Prix du Public du meilleur court-métrage français.
-Schoolyard de Rino Dragasaki (Grèce) : Prix du jury Université Paris Est Créteil du meilleur court-métrage européen.
-Sovereignty dreaming, la révolte des rêves de Vanessa Escalante (France) : Prix France TV au féminin.

Publié par

Journaliste, cette ourse adore écrire sur les thématiques qui lui tiennent à coeur : discriminations, santé, féminisme, luttes… De formation littéraire, c’est une droguée de lecture et d’écriture. Militante féministe et politique à ses heures perdues (ou gagnées !), elle a fait également partie d’un syndicat étudiant il y a quelques années. Cette ourse est une gourmande qui ne résiste jamais à un chocolat, ou à un pot de miel… Curieuse de tout, elle traîne ses pattes sur les réseaux sociaux à la recherche de la moindre info. Taquine, elle aime embêter les autres ourses. Elle est aussi connue pour ses grognements et son caractère persévérant. Elle ne lâche rien.