Les Guerrilla Girls : l’art de lutter contre le sexisme et le racisme

Un groupe d’artistes anonymes

Centre Georges Pompidou, Novembre 2009.
Crédits © Flickr °°°paula°°° 

Les Guerrilla Girls sont un groupe d’artistes femmes anonymes luttant contre le sexisme et le racisme dans le large monde qu’on appelle « artistique ». Leur mode d’action est simple : créer et diffuser des affiches pour promouvoir la place des femmes et des racisé-e-s dans les arts. Elles allient slogans grinçants et images humoristiques pour frapper les esprits. Ce qui leur a plutôt bien réussi jusque là. 

« Les femmes doivent-elles être nues pour entrer au Metropolitan Museum ? Moins de 3% des artistes de la section Art Moderne sont des femmes, mais 83% des nus exposés sont féminins. »

Leurs actions ont débuté en 1985 à New York. Il s’agissait alors comme première performance de dénoncer par une série d’affiches le manque de représentations de femmes et de racisé-e-s dans les galeries et les musées. Cette action est alors une réponse à un grand événement artistique qui rayonne à New York. On ne connaît ni leurs nombres, ni leurs noms. L’anonymat et les pseudonymes permettent de garder l’attention sur leur message et non sur leur identité.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase

New York, 1984. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le Museum of Modern Art (MoMa) présente « An International Survey of Painting and Scultpure » (Un aperçu international de la peinture et de la scultpure). Cet « aperçu » est censé donner un compte rendu général de l’art contemporain à cette date. Problème : sur 17 pays participants, 165 artistes présenté-e-s, et il n’y a que 13 femmes. Un bilan catastrophique qui va engendrer des manifestations devant les portes du musée sans aucun effet. Suite à cela, des artistes comme Kathe Kollwitz et Frida Kahlo vont fonder les Guerrilla Grils.

Un art militant qui porte ses fruits

Les Guerrila Girls vont militer pour les droits des femmes comme l’avortement par exemple. Et elles vont clairement encourager les dialogues et débats sur le sexisme et le racisme dans le monde. Leurs images sont un parfait mélange entre des images humoristiques et colorées directements inspirées des canons publicitaires et des slogans qui frappent. La cible de ces slogans sont à la fois les artistes mais aussi les galeristes. 

Guerrilla Girls au MoMa, Crédits © Wikipédia

La force de ces affiches est probablement la difficulté à les contredire. Elles s’appuient sur des statistiques reconnues et n’hésitent pas à balancer des noms ! Ci-dessus à droite « Ces critiques n’écrivent pas assez sur les femmes artistes : *liste de noms*« . Le Palais de Tokyo les qualifie de « vengeresses masquées féministes qui s’inscrivent dans la tradition des bienfaiteurs anonymes tels Robin des Bois, Wonder Woman et Batman ». Elles ont reçu en 2010 le Courage Award For the Arts par l’artiste Yoko Ono.

Un héritage qui se perpétue

Les Guerrilla Girls continuent d’influencer aujourd’hui la lutte féministe. Beaucoup de groupes plus jeunes se revendiquent d’elles comme les ARTPIES ou les Femmes à Barbes.

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Tin Hinan est étudiante en histoire de l’art et anthropologie. Particulièrement touchée par les questions d’oppression des femmes et de racisme, elle va, entre autres, tenter de vous montrer comment l’art peut en être un excellent témoin. Vous la retrouverez souvent dans la chronique Femme & Art mais aussi ici et là selon l’actualité. Image : Lehnert & Landrock, Ouled Naïls, 1905