La femme « dans tous ses états », par la photographe Bettina Rheims

Une exposition sur la femme « dans tous ses états » 

Des premières photographies aux travaux personnels les plus récents, l’exposition a été pensée comme une promenade. On y retrouve ses grands succès mais aussi d’autres travaux plus personnels peu ou pas connus. Il n’y a ni thématique ni chronologie. Un seul fil conducteur : les obsessions de Bettina Rheims pour la femme, « dans tous ses états ». Cette exposition sur trois étages présente 180 images représentant « la féminité » avec des comparaisons parfois inattendues.

Bettina Rheims explore également la question du genre, de l’androgynie et de la transexualité, notamment avec sa série Modern Lovers (1990), présentée avec son pendant le plus récent, Gender Studies (2011) et la série des Espionnes (1992). Exposée en 2012 à Düsseldorf, la série « Gender Studies »  liait image et son, en présentant 27 portraits sonores de jeunes hommes et femmes ayant répondu à un appel lancé par la photographe sur Facebook. Les clichés s’accompagnaient d’extraits d’interview et ont fait l’objet de plusieurs expositions ainsi que d’un livre.

 Vitrines du Printemps – photo de Bettina Rheims – Paris, février 2011
Crédits © Stéphanie Moisan flickr.com

Une carrière bien remplie et bien « rangée »

Fille d’un commissaire-priseur et académicien, elle débute sa carrière de photographe en 1978 alors qu’elle est âgée de seulement 26 ans. Elle réalise cette année-là une série sur un groupe de strip-teaseuses et d’acrobates qui donnera lieu à ses premières expositions. On remarque alors dès ses début son sujet de prédilection : le modèle féminin. Dans les années 1980, elle se concentre sur des portraits de femmes connues ou non. Une de ses séries majeures intitulée ‘Chambre Close’ (1990-1992), la première en couleur va être débutée dans les années 1990, elle marque le début de sa collaboration avec le romancier Serge Bramly. Cet ouvrage mêle les clichés de la photographe avec un récit de l’écrivain.

En 1995, Bettina Rheims est invitée par Jacques Chirac à la fin de la campagne présidentielle à travailler en coulisses à une série de clichés retraçant la dernière ligne droite de l’élection. Après l’élection, la Présidence de la République mandate Bettina Rheims pour réaliser le portrait officiel de Jacques Chirac. Elle dira au journal Libération qu’elle a voulu donner au président “l’allure détendue des grands héros de western”.

En 2005, Bettina Rheims expose à la galerie De Noirmont « Héroïnes », travail qui se veut être avant tout un hommage à la sculpture. La photographe collabore avec le créateur Jean Colonna pour habiller les femmes de vêtements originaux. Bettina Rheims a travaillé également pour la mode et les grandes marques avec des travaux de nature publicitaire comme pour Chanel ou Lancôme ainsi que pour des magazines internationaux en réalisant des portraits de femmes célèbres. Parmi ces portraits les plus connus on peut notamment citer Madonna, Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Kylie Monigue, Barbara…

 Vitrines du Printemps – photo de Bettina Rheims – Paris, février 2011
Crédits © Stéphanie Moisan flickr.com

Profitez des derniers jours pour aller voir cette exposition, car elle est très esthétique. Mais attention à ne pas avoir trop d’espoir féministes. Bettina Rheims est plus proche d’une photographe de mode que d’une artiste militante. Son intérêt pour la femme tient à sa beauté et non à sa condition.

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Tin Hinan est étudiante en histoire de l’art et anthropologie. Particulièrement touchée par les questions d’oppression des femmes et de racisme, elle va, entre autres, tenter de vous montrer comment l’art peut en être un excellent témoin. Vous la retrouverez souvent dans la chronique Femme & Art mais aussi ici et là selon l’actualité. Image : Lehnert & Landrock, Ouled Naïls, 1905