#Metoo : les Ourses témoignent aussi

Dans un souci de sororité, des rédactrices du webzine des Ourses à plumes ont écrit aussi leur « #metoo ». Avec l’espoir, que cette libération de la parole devienne une vraie prise de conscience de la société, et que les manifestations contre les violences faites aux femmes prennent de l’ampleur.

[TW : Harcèlement sexuel, agressions sexuelles, viols.]

moon - Copie

 

Boucle d’Ourse

« Quand la vague de #metoo a commencé, je n’ai pas osé écrire le mien. Je découvrais avec horreur ce qui était arrivé à mes amies, et je me trouvais plutôt épargnée . Après tout, qu’est-ce que je connais du harcèlement à part celui de rue qu’on connaît toutes ? Ces regards lourds, ces tutoiements , ce ton familier d’inconnus, jeunes, vieux, riches, pauvres, ces insultes gratuites – « salope », « pute » – et puis ces mains qui vous saisissent parfois le bras.

Mais les souvenirs reviennent. Je repense aux trois fois où des hommes m’ont suivi dans la rue. Le premier, c’était depuis le métro jusqu’à chez moi, il a même bloqué la grille de mon immeuble avec son pied. Le deuxième m’a suivi dans les ruelles bondées jusqu’à venir se coller contre moi. Ces deux-là, je les ai bien engueulé, mais pour le troisième, j’étais tétanisée. Celui-là m’a suivi dans les rues désertes à 6h du matin alors que j’allais au boulot. 15 minutes d’angoisse jusqu’à ce que j’arrive et qu’il fasse marche-arrière.

Puis ça me ramène au « pire souvenir » . Je vais dans une soirée de mon ancienne école. Je croise un garçon qui m’avait déjà harcelée lors de deux soirées précédentes, en profitant d’ une boîte de nuit bondée pour me tripoter, en me bloquant à la sortie des toilettes, en me courant après dans la rue quand je décidais de rentrer, sans compter les provocations verbales et les jugements gratuits. On en revient à ce fameux soir, il est très alcoolisé, ça se passe mal, et il finit par me gifler – évidemment ça m’énerve. Une fois l’alcool redescendu, il s’excuse, et bêtement je lui pardonne une énième fois. Un peu plus tard, il recommence et se met à dire des horreurs sur mon copain (absent). J’essaie de ne pas réagir mais c’est dur. On finit tous par partir, il me suit dans la rue, et ne me lâche plus. Heureusement, un des mes amis est encore là, je fais croire que je vais dans le même sens que lui, et l’autre finit par nous laisser au bout d’un (long) moment.

Le problème, c’est que je me retrouve à l’autre bout de la ville, loin de chez moi, il est 4h du matin, il n’y a plus de transports. Je me mets à marcher. Je suis épuisée, physiquement et mentalement. J’appelle un ami, le seul qui habite dans le coin. Il est encore réveillé et veut bien m’héberger quelques heures. Le problème, c’est qu’on avait eu une vague relation quand on était célibataires, mais ça faisait un bail qu’on était redevenus juste potes. Sauf qu’il venait de se faire larguer – ce que je ne savais pas – et il a vu ça comme un signe. Très alcoolisé, il a été insupportable quand je suis arrivée, il ne voulait pas que je dorme, il voulait regarder un film avec moi dans la chambre, il refusait que j’aille dormir dans le salon. Résultat : je me suis enfuie de chez lui, il m’a couru après dans l’escalier. Je suis vite sortie et je suis allée attendre le tramway. Cerise sur le gâteau, en attendant le tram, un mec m’a demandé ce qui n’allait pas, je le lui ai dit mais , en réalité, il s’en foutait et voulait juste voir s’il y avait moyen de moyenner.

C’est vrai que j’ai été naïve avec tous ces garçons. Est-ce que ça me rend coupable ? Même pas deux secondes ! Si mon seul tort est de leur avoir fait confiance, ce n’est pas à moi de demander pardon mais à eux de s’excuser pour ne pas en avoir été digne !

Ce qui peut sembler paradoxal, c’est qu’aujourd’hui je n’en veux plus aux deux premiers. Ils m’ont tous les deux demandé pardon. Ça ne les excuse pas mais quand on voit la capacité de déni actuelle, je me dis que c’est déjà un pas. Non, ce qui me reste insupportable, c’est le souvenir des rires autour, les potes du premier garçon qui avaient l’air de trouver ça amusant, les mêmes qui m’avaient promis de le surveiller et qui l’ont laissé me suivre dans la rue après. Jusqu’à quand la société va-t-elle s’en foutre ? »

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DR / Illustration prise sur un groupe Facebook appelant aux manifestations.

Falaïnokta

« Moi aussi.

Malheureusement, je ne saurais énumérer tous les harcèlements sexuels dont j’ai été victime. Sans doute parce que la période où j’en subissais le plus fut la période où ma transidentité était visible (j’étais facilement identifiée comme « travelo, etc. »). À cette époque, je ne pouvais pas sortir dans la rue sans subir des actes transphobes. Les gens se permettaient aussi plus de comportements déplacés. Quand mon passing devient suffisant pour passer pour une meuf cis, le harcèlement de rue a fortement diminué (sans pour autant s’arrêter). Reste que les fois les plus difficiles viennent des personnes que je connais. Parce qu’illes se permettaient plus. Parce qu’illes ont été réellement capables de la répétition. Parce qu’illes font que je ne me sente plus en confiance dans leurs groupes. Et quand le groupe en question est un des rares groupes où je me serais sentie autrement bien à l’époque, c’est d’autant plus dur.

La première fois, ce fut un mec que je connaissais et qui fit pression par de nombreuses manières (« rentre-dedans », manipulation…) pour que j’aie des relations sexuelles. Transphobie puisque le mec était gay et me considérait de fait comme un mec. Ce fut pendant la période où j’ai commencé à assumer mon identité féminine et c’était le seul endroit où je pouvais le faire. Je ne veux pas détailler la deuxième fois, ça m’a menée à ne plus fréquenter le groupe, et me retrouver isolée. De nature sociable, mais ayant des difficultés à socialiser, je n’avais pas besoin de ça. Illes, car toutes les personnes qui m’ont harcelée ne sont pas des mecs cis. Et cette 2e fois, en l’occurrence, c’était une meuf. Mais le pire reste avant.

Je ne sais pas quand ça a commencé ni quand ça s’est fini. Tout ce que je peux dire c’est que c’était des violences sexuelles, et que j’étais jeune, trop jeune pour être consentante. Mon cerveau m’empêche de me donner trop de détails pour préserver (un tant soit peu) de mon intégrité psychique. C’est du déni, mais mon corps s’en rappelle. Mon psychisme aussi. Néanmoins, pendant longtemps, le déni portait même sur les peurs que cela générait. Peur d’être agressée, peur de l’intimité. Une peur qui menait à une distance excessive avec les gens. Et le seul fait d’avoir pris conscience de ce qui s’est tramé a été un choc psychique puissant que j’ai mis plusieurs mois à encaisser. Pour autant, je ne m’en souviens pas directement. Et je ne VEUX pas m’en rappeler, je sais que je ne supporterais pas de tels souvenirs. À quoi bon, les gens prétendront que c’est pour ça que je suis trans ou asexuelle. »

Ourse Malléchée

« Comme beaucoup d’entre nous, j’ai mis longtemps à parler. Me sentant pas assez légitime par rapport aux horreurs que certaines racontaient, ou tout simplement voulant éviter d’avoir à me resouvenir, et enfin la peur de ne pas trouver les mots justes. On se heurte bien trop souvent à l’incompréhension. Pourquoi n’a-t-on pas su réagir sur le moment ? Avons-nous pas mal compris ce qui s’est passé ? Pourquoi ne pas être allée porter plainte ?

La parole qui se libère du #metoo , bien plus qu’un geste féministe, c’est aussi se mettre à nue, parler publiquement de ce qu’on veut oublier, se mettre en danger pour éveiller la conscience des autres.

A mon tour de me lancer… Je me souviendrai, toujours, de ces deux « porcs » qui ont gâchés mes premières années à l’université. Tous les matins, j’angoissais, de les retrouver dans le bus qui m’emmenait à la gare. Deux hommes, blancs, vieux. Qui avaient cru que mon corps était à la disposition de leurs mains baladeuses. Le premier, qui m’avait laissée abasourdie, n’arrivant pas à réaliser ce qui s’était passé, n’arrivant pas à savoir si quelqu’un dans le bus avait vu, cette main tâter… juste avant de descendre à son arrêt, sans même me regarder. Je porte essentiellement des sacs en bandoulière que je peux mettre devant moi depuis, un geste inconscient de protection.

Le deuxième, aussi, j’ai espéré avoir halluciné, espéré que c’était un geste maladroit. Une main qui se balançait en marchant. Elle a pourtant bien tapé mes fesses. Mais, pareil, pas un regard, ni une excuse. Pas de chance, je le recroise dans mon RER, à côté de la SEULE place assise. Je décide de ne pas m’empêcher de m’asseoir pour autant. Une belle connerie.

Comment peut-on savoir comment réagir ? Comment peut-on réfléchir lorsque notre cerveau se bloque, comme pour ne pas comprendre ce qui nous arrive… Et on s’en veut, terriblement. Et pourtant, ce ne sont pas des maladresses, ce n’est pas la faute des victimes. Il faut se le répéter tous les jours. Être forte. Pour que la honte finisse par changer de camp. #metoo  »

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Photo prise à la manifestation du 8 mars 2015, à Belleville, à Paris. © Les Ourses à plumes

Ourse Printanière

« Je ne l’ai pas fait plus tôt, parce que je n’en étais pas là, et tou.te.s celleux qui ne racontent pas, qui ne mettent même pas #metoo parce que déjà ça remue trop, parce que déjà c’est trop intime, parce que déjà submergé.e.s par la vague des autres témoignages alors se sentant déjà et toujours et encore pas assez légitimes, relativisant déjà et toujours leurs vécus et leurs ressentis…tou.te.s, qui ne racontez pas, qui ne vous signalez pas, vous êtes légitimes et vous êtes dans nos cœurs et dans nos esprits.

Aujourd’hui je veux parler. Pas parce que ça me soulage, ou ça me plait ou ça m’amuse, mais parce que les mecs, bordel, les mecs qui commentent, qui nous gratifient de leurs analyses, qui conditionnent leur solidarité et leur autocritique, qui se cooptent et se congratulent entre eux de leurs aveux de violences à demi-mot, ceux qui s’étonnent de la misandrie de certain.e.s, les mecs, et même certaines meufs qui peut-être ont échappé par un quelconque miracle statistique, ou peut-être ont opté pour le déni, que sais-je, vous qui essayez d’écraser nos réalités : vous ne nous ferez pas taire.

Alors je raconte, quelques grains du chapelet, pas tous, je n’aurais pas la place. Je vais seulement essayer de faire un peu un échantillon.

Par exemple :

Un camarade de classe qui me touche le cul en montant les escaliers du collège.
Mon prof d’Histoire qui passe discrètement l’arrière de sa main sur mes fesses, au CDI du lycée, à l’aller puis au retour de sa consultation de rayonnage.
Mon prof de judo, quand j’y retourne à 15 ans après avoir arrêté à 11, et qui me reluque de la tête aux pieds en me disant d’un air approbateur que j’ai bien grandi. Et me prend en partenaire pour tous les exercices de prises au sol.
Regard et remarque similaires du chauffeur de bus qui m’emmenait de ma rue au collège puis au lycée, le jour où à 16 ans j’ai mis une jupe au-dessus du genou.
A 16 ans, retour en RER d’une sortie à Paris avec ma copine, un gars frotte sa bite en érection contre mon cul, j’essaie de bouger, il me suit, la foule nous maintient bien pressé.e.s, il me murmure « merci » à l’oreille avant de descendre, je rentre et je vomis.
A 18 ans, la bande de 4 mecs qui nous ont suivies, moi et mes sœurs, dans une manif, s’amusant à nous mettre la main au cul malgré nos protestations et nos tentatives de fuite ; une façon de souder leur bande ; et leur colère menaçante lorsque j’ai essayé d’en gifler un.
19 ans, le premier mec avec qui j’ai couché, qui ne met pas la capote tout de suite, mais entreprend des contacts génitaux malgré mes protestations…plus expérimenté, il m’explique que c’est complètement normal et sécure. Je ne le crois pas, il se vexe. 12 ans plus tard, même scénario avec un camarade.
Un amoureux qui a envie, et pas moi, qui insiste, me touche quand même pour m’exciter, qui est triste et inquiet qu’on couche moins ensemble, qui veut qu’on discute de pourquoi, qui est malheureux, qui a des besoins, et que je finis par laisser faire, pour en finir; et ça se reproduit jour après jour, semaine après semaine, année après année.
Un camarade, un soir après une réunion, qui me fait boire et me viole, comme ça, alors que je lui avais dit depuis longtemps que je ne voulais pas coucher avec lui, parce qu’il peut alors il se sert. Et tellement le défendront.
La ribambelle de ceux qui t’accostent et t’insultent.
L’oncle bourré qui se colle à toi.
Les boîtes de nuit et les mains partout sur toi, à te donner envie d’hurler mais on est là pour s’amuser, rhooo.
Celui qui m’a suivi.e jusqu’à chez moi, est rentré avec moi, et qui n’avait rien à faire dans l’immeuble à part me regarder comme un serpent une souris et me demander à quel étage j’allais.

[…]

Les gars qui te harcèlent-de-rue même quand t’es en jean de mec, docs, blouson, crâne rasé, sans bijou ni maquillage, et qu’est-ce qu’il faut faire bordel pour que ça s’arrête.

[…]
Les camarades qui me disent « non mais toi t’as des rapports compliqués avec les mecs ». »

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Dessin réalisé pour Les Ourses à plumes. © GB

Ourse sur la route

« Lorsque #metoo est apparu sur mon fil Facebook, puis sur mon Instagram, j’ai trouvé que c’était une très bonne initiative, sans pour autant me rendre compte sur le moment de l’ampleur de la situation. On se sent vraiment moins seule lorsqu’on sait que les mains baladeuses et sales ont fait tant de victimes, mais on ne se réjouit pas pour autant d’être moins seule. Parce que cela signifie qu’il y a un véritable problème : des gens qui se donnent des droits sur nous, sur notre corps, sur notre esprit, en se trouvant des excuses – elle n’a pas trop réagi, elle s’est habillée sexy c’est qu’elle le voulait, oh je n’ai fait qu’effleurer.

J’ai ensuite repensé à tous ces « hommes», en France, en Inde, en Iran qui m’ont touché parfois rapidement, parfois de manière insistante, parfois dans le métro, parfois dans une célébration, parfois juste dans la rue. Mais rien n’a d’égal que cet homme dans l’obscurité de ce bus en Espagne. Je ne l’oublierai jamais. Il est venu s’assoir à coté de moi. Place assignée. Il avait un tatouage et un accent d’Amérique Latine. J’ai aimé son tatouage, lui ai dit et il a cru que j’avais envie de lui, de sa main sur mon corps, de sa langue dans ma bouche. Je n’ai rien pu faire. Je suis restée dans l’obscurité de ce bus, à me demander si j’avais provoqué ça, je déplaçais ma tête il se rapprochait, et m’embrassait, puis il s’est mis à me toucher le sexe.

Évidemment, j’ai ressenti quelque chose. Évidemment. Mais je ne savais pas ce que c’était. Je ne savais pas si c’était du dégoût ou du plaisir. Je n’ai jamais raconté cette histoire, parce qu’il y a pire, parce que je n’ai pas réagi, j’ai laissé faire jusqu’à ce que le bus s’arrête et que je m’enfuis, loin des mains de cet être qui m’a fait me sentir sale. Terriblement sale. Je n’ai jamais raconté cette histoire parce que je m’en veux encore aujourd’hui de pas avoir crié, de pas avoir demandé à changer de place, de pas avoir été plus forte, plus mature…. Je tremble encore de colère quand j’écris ces lignes. Mais parce que j’ai lu des histoires similaires, je mets des mots sur ce sentiment. Parce que peut-être cela permettra à d’autres de se sentir moins seule, de se pardonner de ne plus culpabiliser de ne pas avoir réagi. Parce que ce n’est pas nous les coupables. En espérant qu’un jour il n’y ait plus besoin de le dire ou de l’écrire. #metoo  »

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Sianourse

« Quoi de plus parlant que cette vague de libération de paroles soudaine ? Phénomène de mode ? Peut-être. Et alors ? Si ce phénomène permet de dénoncer un travers (de porc !), pour rester polie, trop présent encore dans notre société. Regardons autour de nous. Du soutien professoral de la prise en compte de l’écriture inclusive, du refus d’appliquer la règle contestable du « le masculin l’emporte sur le féminin », passant par le droit des femmes à conduire en Arabie Saoudite et la reconnaissance d’un troisième sexe en Allemagne, un déferlement de protestations s’abat contre l’inégalité des femmes mais aussi au-delà de cela, un geste pour le respect de chacun d’entre nous, comme être humain, individu entier. J’entendais encore aujourd’hui une émission sur France Inter sur la question de la remise en question de la virilité comme construction cultuelle. #Metoo et Balancetonporc, en réponse à l’affaire Weinstein, tombent donc à pic, dans le sens où les médias s’en font les relais, les vecteurs. Halte au sexisme !

Moi aussi, comme tant d’autres, j’ai été victime aussi du regard malveillant de certains hommes, de mains baladeuses dans les transports, d’exhibitions peu reluisantes, regards insistants et obscènes… Je sens parfois encore dans le métro les genoux de cet homme qui appuyaient avec insistante contre les miennes et les avaient enserrées. D’abord surprise, pensant à une erreur j’ai croisé ce regard, insistant, qu’il me jetait et qui semblait dire « qu’est-ce que tu vas faire ? Tu ne peux pas bouger ? Et quand je serre tes jambes, comme ça, un peu plus fort ? ». Encore une fois je me suis sentie abusée, j’ai pu me lever, changer de place, mal à l’aise … et sortit de ce moment sordide que je n’oublierai jamais.

Et il y en a eu d’autres, des situations qui m’ont gênée, angoissée, hantée. Comme cette soirée qui se déroulait parfaitement jusqu’à ce que je me retrouve dans une voiture me pensant en sécurité, avec un homme, s’étant fait passé pour inoffensif et d’orientation sexuelle opposée, qui n’a pas hésité, une fois prise au piège dans ce que je pensais être à ce moment un cercueil roulant, à me demander une fellation et à me montrer son pénis. « Allez, regarde-la », « tu en penses quoi ? », « Tu veux pas me faire une petite fellation, j’ai été frustré ce soir ? ». Encore une fois, j’ai eu la chance de pouvoir fuir cette situation alors que je vivais un enfer et de ne pas être tombée sur le pire, le roi des « porcs », ou autres détraqués sexuels pour qui la femme n’est qu’un objet sexuel ou peut-être que je ne serais jamais sortie de cette voiture. Et la pensée m’a effleurée, un instant. Puis, première chose qui m’a traversé l’esprit « c’est ta faute ! Dans quoi tu t’es embarquée encore… tu n’aurais pas dû lui faire confiance»… Se sortir de la situation dans laquelle je pensais m’être mise volontairement. La peur m’a fait agir. Halte à la culpabilité !

Il aura fallu en dénoncer un pour en balancer mille autres, un Weinstein en cache plein d’autres et ne reste qu’un exemple d’une pratique courante. Des porcelets et des porcs de tout âge, de toutes origines, obsédés par cette domination qu’ils savent exercer au quotidien sur « le sexe faible ». C’est une honte, qu’aujourd’hui encore, nous subissons de tels comportements liés aux dérives d’une société qui a réduit la femme à l’état de chose. Une honte qui s’insinue dans des gestes qui peuvent paraître anodins, des mots, des regards… et pourtant qui marquent, qui blessent, qui excluent. Il a fallu qu’une se dévoile pour que d’autres à leur tour osent. La parole ne fait pas tout, mais elle libère. Elle est cathartique. Dire, c’est un peu guérir. Partager son malaise, son angoisse, sa crainte. Parlons-en de cette crainte ! Halte au silence !« 

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Ceci est le compte officiel du webzine Les Ourses à plumes.

2 commentaires sur « #Metoo : les Ourses témoignent aussi »

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