Quid des marches des Fiertés en 2018 ?

Un mot d’ordre « sportif » pour la Pride parisienne, une Pride de nuit remise en question, des initiatives variées dans les grandes villes de France… Le contexte des marches des Fiertés 2018 est particulier. Petit récap’…

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Marche des Fiertés de 2015 à Paris. © Les Ourses à plumes

Une Pride parisienne dépolitisée

La Pride 2018 à Paris, aura lieu le samedi 30 juin, avec pour mot d’ordre « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! ». Ce thème, choisi par l’Inter LGBT, marque une nouvelle étape dans sa dépolitisation, après le départ de Fières en mai 2015. Pour rappel, l’association féministe avait décidé de quitter le collectif suite à la publication de l’affiche de la Pride 2015, faisant « référence à une symbolique républicaine clivante, qui est intégrationniste, exotisante », goutte d’eau qui avait fait déborder le vase.

Le thème du sport, est de nouveau, loin de faire l’unanimité des militant-e-s LGBTQI+, de nombreuses critiques, ont été émises sur les réseaux sociaux, montrant du doigt le grotesque de ce choix, face aux violences subies et aux droits à conquérir. « Malgré le scandale des nouvelles règles dans l’athlétisme féminin, rien sur les discriminations sur la base des caractéristiques sexuelles », souligne également le Collectif Intersexes et Allié.e.s. Les personnes en situation de handicap regrettent aussi le côté peu unitaire du mot d’ordre…

Certaines personnes s’étonnent que l’Inter-LGBT n’ait pas choisi d’appuyer cette année sur la revendication de la PMA, sujet d’actualité, qui a encore besoin de mobilisation pour que ce droit soit conquis. « On comprend la critique, mais les gens vont vite et ne vont pas au-delà du titre » explique Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole de l’Inter-LGBT, contactée par Komitid. « On a pris le sport comme un prisme révélateur de l’état de la société, pour dénoncer les discriminations », continue-t-elle. Autres arguments : le fait que la PMA était déjà le thème de l’année précédente, et que d’autres revendications sont portées dans leur communiqué. Un peu faible comme défense…

Renoncer à la Pride de nuit ?

Un texte écrit par des personnes qui organisaient la « traditionnelle » Pride de nuit parisienne – organisée depuis 2015 en réaction à la Pride dépolitisée – a été publié le samedi 9 juin 2018 sur les réseaux sociaux et sur Friction magazine. Le bilan de la Pride de nuit parisienne est dressé : « Elle n’est plus un appel communautaire à inventer le changement, un moteur de celui-ci mais s’est réduite à son incarnation la plus minimale : une marche en elle-même censée pallier aux manques ».

Le constat d’échec porte aussi sur son fonctionnement : « Faute de parvenir à nous mettre d’accord collectivement sur son fonctionnement et le périmètre de son intervention, elle s’est réduite à peau de chagrin : il ne reste plus que l’organisation d’une marche annuelle et des signatures de soutiens, dispersées et quasi symboliques. Et sans suivi. Le dynamisme peu à peu s’est tari, et il n’y a plus de travail de fond, ni de production de discours spécifique. » Une situation qui n’est pas sans rappeler la dissolution du collectif 8 Mars Pour TouTEs en septembre 2016.

Une situation très variée en province

D’autres villes ont cependant organisé une Pride de nuit cette année, comme à Lyon ou Toulouse, où le mot d’ordre de mobilisation était « contre les agressions LGBTQIAphobes ».

Les marches des Fiertés de certaines villes ont des thèmes plus politiques que la Pride parisienne. A Lille, on fait un focus sur les discriminations et violences envers les personnes queer, handicapées, racisées. A Tours, l’affiche sur la PMA n’a pas laissé indifférent-e (la mairie a même fini par retirer les affiches)… tout comme à Rennes pour l’affichage publicitaire dans les transports en commun. L’espace public, tout comme le trajet de la manifestation sont des enjeux majeurs pour les marches des Fiertés, l’exemple de la Pride de Lyon, autorisée à passer par le Vieux Lyon est par exemple une victoire. L’escalier arc-en-ciel nantais, a cependant lui, été déjà vandalisé

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Journaliste, cette ourse adore écrire sur les thématiques qui lui tiennent à coeur : discriminations, santé, féminisme, luttes… De formation littéraire, c’est une droguée de lecture et d’écriture. Militante féministe et politique à ses heures perdues (ou gagnées !), elle a fait également partie d’un syndicat étudiant il y a quelques années. Cette ourse est une gourmande qui ne résiste jamais à un chocolat, ou à un pot de miel… Curieuse de tout, elle traîne ses pattes sur les réseaux sociaux à la recherche de la moindre info. Taquine, elle aime embêter les autres ourses. Elle est aussi connue pour ses grognements et son caractère persévérant. Elle ne lâche rien.

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