Une campagne contre les mutilations des enfants intersexes

Le Collectif Intersexes et Allié.e.s a lancé une campagne d’envergure nationale pour obtenir des mesures interdisant les mutilations des enfants intersexes. Pétition, tribune dans Libération et témoignages dans les médias, interpellations des élu.e.s et des institutions… Tout un arsenal a été déployé en septembre 2018 pour rendre visible ces violences intolérables.

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L’un des visuels-témoignages de la campagne du Collectif Intersexes et Allié.e.s (CIA). ©CIA

Le 10 septembre 2018, le Collectif Intersexes et Allié.e.s a publié une tribune dans Libération. Celle-ci dénonce, que « les enfants intersexes sont toujours soumi·se·s à des opérations chirurgicales et/ou des traitements hormonaux sans leur consentement éclairé et sans nécessité de santé. Ces actes constituent des violations des droits humains et ont été condamnés [par plusieurs organisations internationales comme l’ONU] ».

Définition : Les personnes intersexes présentent des caractères sexuels primaires et/ou
secondaires innés ne correspondant pas aux définitions traditionnelles du masculin ou féminin.

Ce texte, est aussi celui d’une pétition, qui comptabilise plus de 20.000 signatures. Il rappelle que « l’intersexuation n’a pas à être soignée : c’est à la société d’accepter sa propre diversité ». Et ne pas imposer des opérations ou traitements lourds dès l’enfance, sans consentement de l’enfant.

Le collectif précise cette revendication principale dans l’un de ses documents de campagne : « l’arrêt des modifications des caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires (qu’il s’agisse d’actes chirurgicaux, de traitements hormonaux ou des thérapies géniques en projet), in utero, dans les premiers mois de la vie, dans l’enfance, ou à l’adolescence, lorsque ces actes ne présentent aucun caractère d’urgence vitale et sont réalisés sans le consentement libre, éclairé, et explicite de la personne elle-même, ceci impliquant la mise en lien systématique des familles avec des associations de personnes concernées (financées à hauteur des besoins) ».

Exiger une circulaire pour recadrer les médecins

Avec cette campagne, le collectif demande au ministère de la Santé et au ministère de la Justice de publier une circulaire de rappel à la loi adressée à l’ensemble des services hospitaliers et soulignant :

● le caractère illégal et contraire aux droits humains de tout acte médical
réalisé sans nécessité de santé et sans l’expression du consentement libre et
éclairé de la personne elle-même,
● le caractère infondé de l’argument selon lequel ces pratiques favoriseraient
un meilleur développement psychique et social de l’enfant, en prenant
clairement position pour l’éducation de la société à sa propre diversité, et la
possibilité d’un soutien psychologique non stigmatisant s’il est désiré par
l’enfant,
● le caractère purement médical du recours aux centres de référence, en
prenant position pour une mise en lien systématique des familles et des enfants
avec les associations intersexes,
● et la nécessité de renommer les centres des référence en « centres de
référence sur les variations du développement sexuel

Lire aussi l'interview : Un nouveau collectif Intersexes et Allié.e.s

Le début d’un lobbying

Pour obtenir satisfaction, le collectif s’est lancé dans un bras de fer médiatique. Outre la pétition, signée par des dizaines d’organisations militantes, des interventions dans les médias ont été faites, ainsi qu’une belle campagne visuelle sur les réseaux sociaux.

« Le  succès est surtout populaire et organisationnel : on a beaucoup de signatures d’organisations et de personnes individuelles. Les médias ne suivent pas beaucoup. Ce qui rend le succès de la pétition d’autant plus surprenant et enthousiasmant ! », estime Loé, du collectif. Iel se veut optimiste : « On ne fait que commencer, on a prévu de rencontrer d’autres organisations et institutions et on travaille avec des élu.e.s pour faire avancer la question ». Le groupe écologiste de la Ville de Paris, a ainsi déjà pris position publiquement en faveur de cette cause.

Autre étape : « On va maintenant développer les événements irl pour accompagner et renforcer la mobilisation autour de la campagne. L’Existrans, le 26 octobre et le 8 novembre sont aussi des dates importantes pour nous », souligne Loé.

Les Ourses à plumes sont aussi signataires de la pétition, à signer et partager sans modération : bit.ly/CeSeraSonChoix

 

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Journaliste, cette ourse adore écrire sur les thématiques qui lui tiennent à coeur : discriminations, santé, féminisme, luttes… De formation littéraire, c’est une droguée de lecture et d’écriture. Militante féministe et politique à ses heures perdues (ou gagnées !), elle a fait également partie d’un syndicat étudiant il y a quelques années. Cette ourse est une gourmande qui ne résiste jamais à un chocolat, ou à un pot de miel… Curieuse de tout, elle traîne ses pattes sur les réseaux sociaux à la recherche de la moindre info. Taquine, elle aime embêter les autres ourses. Elle est aussi connue pour ses grognements et son caractère persévérant. Elle ne lâche rien.

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