Bye Bye Tibériade : mémoire vive de quatre générations de femmes palestiniennes

Si le deuxième volet de Dune ou le biopic sur Bob Marley ont fait une entrée fracassante parmi les films à l’affiche de ce mois de février 2024, un long métrage a su retenir l’attention des Ourses : Bye Bye Tibériade de Lina Soualem. Un film intime et percutant qui revient sur les souvenirs heureux et moins heureux de quatre générations de femmes palestiniennes. On l’a vu pour vous et on vous dit sans plus attendre tout le bien qu’on en pense.

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Crédit: Thomas Brémond – Beall Productions

Des photos sur un mur. Lina, Hiam, Neemat, Um Ali. Un lac, un village, des souvenirs épars que l’on colle là, les uns avec les autres, que l’on commente, que l’on se transmet. L’histoire d’une famille en pêle-mêle : Bye Bye Tibériade. Dans ce nouveau film documentaire disponible en salles depuis le 21 février 2024, la réalisatrice et actrice franco-algéro-palestinienne Lina Soualem nous emmène en Palestine, sur les rives du lac Tibériade qui borde les mémoires de sa famille maternelle. 82 minutes douces et amères durant lesquelles quatres générations de femmes puissantes et résilientes dont sa mère, l’actrice Hiam Abbass, se succèdent à l’écran entre images récentes, archives familiales et documents historiques.

En 2020, Lina Soualem s’était déjà attachée à l’histoire intime de sa famille avec Leur Algérie, un long-métrage qui revenait sur l’exil de ses grands-parents paternels. “Ma mère a vu Leur Algérie. Elle savait que ma démarche en tant que réalisatrice n’allait pas être voyeuriste, ni doloriste. Elle a compris que je la filmais, elle, et quelque chose de notre intimité, pour accéder à une histoire plus collective, pour raconter un nous”, explique-t-elle dans le dossier de presse présentant son film. Pari réussi. Son documentaire est à la fois simple et poignant, dur et doux, anecdotique et primordial : vous passerez du rire aux larmes, de la petite à la grande histoire. Et tout cela de façon extrêmement bien dosée et mesurée.

Une famille ancrée dans un lieu : la Galilée

Si Bye Bye Tibériade, nommé pour représenter la Palestine aux Oscars 2024, nous a particulièrement percuté c’est aussi car il traduit la mémoire intime mais tristement commune de beaucoup de Palestinien-ne-s. Car l’histoire de la famille de Lina Soualem, c’est aussi celle de la Nakba qui a poussé à l’exil plusieurs centaines de milliers de personnes en 1948. Cette catastrophe qui a obligé Um Ali après avoir été chassée, qui a séparé Neemat de sa sœur Hosnieh, coincée pour toujours en Syrie de l’autre côté de la frontière, loin de l’odeur de sa famille, loin de l’odeur de son pays.

Pourtant, irrémédiablement tout revient à Tibériade, lac autrement appelé mer de Galilée, une région située aujourd’hui au nord d’Israël. Mais pour combien de temps ? “C’est ce que le mot “Bye Bye” dans le titre représente pour moi. Cela ne veut pas dire adieu, ça veut dire je reviendrai, mais je ne sais pas comment je vais retrouver le lieu que j’ai laissé. Je ne sais pas quels sont les souvenirs que je vais y trouver et même si je vais pouvoir retrouver ces lieux” développe la réalisatrice. Grâce à son œuvre, pour nous spectateur-ice-s, Lina, Hiam, Neemat, Um Ali seront toujours là et unies sur cette terrasse de l’appartement de Deir Hanna.

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