Obligées de se dévoiler pour travailler

Les femmes musulmanes qui ont fait le choix de porter un voile, s’exposent à d’importantes difficultés discriminatoires pour leur accès à l’emploi, mais aussi pour l’exercer sereinement. Certaines femmes font le choix – contraint – d’enlever leur voile pour travailler, mais en souffrent quotidiennement.

Quatre personnes discutent dans un cadre professionnel, avec une femme blonde au centre exprimant son autorité. Un homme se trompe en considérant une autre femme comme la directrice, tandis qu'elle clarifie son rôle d'assistante.
© @Selva_magica

Note : ces témoignages ont été recueillis en 2018-2019, nous avons repris contact avec ces femmes pour voir si leur situation avait évolué en 2023. Cet article a été publié dans le quatrième numéro de notre revue papier féministe, publié en décembre 2023. Si vous souhaitez l’acheter, c’est encore possible en cliquant ici.

Il est 8h30, Sarah* descend du bus, elle défait son voile furtivement, comme tous les matins, avant d’entrer sur son lieu de travail, une prison, où l’appartenance à la fonction publique interdit le port de signes religieux, par obligation de neutralité. Ce geste quotidien, cette psychologue du travail ne s’y habitue pas. « J’ai l’impression de mentir sur qui je suis, de jouer un double jeu, j’aimerais pouvoir être tout le temps la personne que je suis sans avoir besoin de me cacher », confie-t-elle. Sarah ne portait pas encore le voile lorsqu’elle a commencé à travailler. « L’envie est venue en prenant des cours d’arabe et de spiritualité, pour renouer avec mes origines et lire le Coran. Lorsque j’ai été en congé maternité puis parental de ma première fille, j’ai pris l’habitude de le porter quotidiennement, c’est plus difficile désormais de l’enlever. »

Le voile, est mal vu à son lieu de travail, on pourrait l’accuser d’être « une islamiste radicalisée, alors que l’on peut côtoyer des terroristes parmi les détenus qu’on reçoit », souligne-t-elle. A l’obligation de neutralité religieuse sur son lieu de travail, se rajoute une autre préoccupation : « je ne suis jamais tranquille pendant mon trajet, j’ai peur que des collègues me voient voilée et que leurs regards sur moi changent, c’est aussi pour cela que je ne les côtoie pas à l’extérieur. »

Sarah envisage de chercher un autre travail, pour pouvoir garder son voile, mais là encore ce n’est pas évident. « Il y a une discrimination à l’embauche des femmes voilées. On est donc forcées de se tourner vers des entreprises ou des associations plus communautaires, mais ce n’est pas ce dont j’ai envie… », soupire-t-elle.

Cette histoire, Sarah nous la racontait en 2018, il y a cinq ans. Depuis, elle est devenue maman pour la troisième fois, et a quitté son travail pour se consacrer à ses enfants et se former, en quête d’une reconversion vers une autre spécialité où elle pourrait davantage s’épanouir. Elle envisage désormais de créer son propre cabinet, pour pouvoir garder son voile et continuer d’exercer son métier.

Entreprendre, un choix safe ?

B. travaille au sein de la fonction publique, elle est agent de production à La Poste et s’occupe du tri du courrier et du traitement des colis. Elle a commencé à porter le voile en 2015, et l’enlevais en arrivant le matin. « Je garde mon voile dans mon cœur, cela ne change rien à ma spiritualité », affirme-t-elle. « Mais si je pouvais le garder je me sentirais plus confortable avec les collègues masculins », ajoute-t-elle. En changeant d’équipe, elle est confrontée aux réactions de ses nouveaux collègues hommes, qui n’acceptent pas qu’elle refuse de leur serrer la main.

En 2023, B. occupe toujours le même poste, mais on ne l’embête plus. « Ils ont fini par comprendre. Mon corps m’appartient, c’est mon choix de garder une certaine distance avec le sexe masculin. ». Elle envisage toutefois de développer son propre projet, qui tournera autour de « l’univers des livres et de leur représentativité dans les communautés afrodescendantes ». « Cela me permettra de garder mon voile en toute circonstance. Même si ma motivation première est de devenir ma propre patronne, j’avais aussi besoin d’être davantage alignée avec mes valeurs ».

Lire aussi notre interview en cliquant sur ce lien : Marie Dasylva : rencontre avec la coach en stratégie qui aide à survivre au taf

Le choix de l’entrepreneuriat est une porte de sortie que plusieurs personnes victimes de discrimination privilégient. H., a aussi fini par faire ce choix et en est plus épanouie. Elle a commencé à porter le voile à 14 ans, en classe de 3e au collège, avant que la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques de 2004 l’oblige à l’enlever au lycée. Pendant ses études supérieures, en fac d’anglais puis en école supérieure d’art, elle porte son voile, faisant fi de l’avis désapprobateur de certain-e-s enseignant-e-s. Suite à un stage, elle est embauchée comme designeuse d’espace – architecte d’intérieur. Mais la direction de son entreprise change au bout de quelques mois, elle se retrouve face à un nouveau patron clairement islamophobe et sexiste.

« Il n’acceptait pas mon voile, il m’a convoquée lors de sa première semaine pour me dire qu’il n’accepterait pas qu’une femme travaille pour lui avec la nappe de sa grand-mère sur la tête. J’étais choquée. Je lui ai bien rappelé que ses propos avaient un caractère discriminatoire et que c’était puni par la loi, mais j’ai été virée et je n’ai pas eu assez de preuves pour pouvoir me défendre. Mes collègues sont restés spectateurs », raconte-t-elle.

Les entretiens d’embauche s’enchaînent ensuite, abordant pour la plupart la question de la laïcité ou de ses pratiques religieuses. « Je ne voulais pas mentir au recruteur, donc je venais en portant mon voile. Cela fait partie de mon identité, c’est un choix qui relève de l’intime, les autres n’ont pas à me dire en quoi je dois croire ». Un an et demi après avoir été licenciée, cette trentenaire se lance en indépendante. « Je fais des missions ponctuelles pour de l’événementiel : faire une scénographie pour un défilé de mode ou pour un plateau de tournage, décorer un mariage… Mon voile n’a jamais été un problème. Quand on paie pour un travail, c’est la qualité de celui-ci qui compte avant tout. »

Quitter la France

En 2023, H. a « beaucoup de clients, des projets de qualité. Je rénove des locaux commerciaux, des appartements de haut standing pour des personnes fortunées à l’étranger. La majorité de ma clientèle se situe en Suisse, ce sont principalement des personnes originaires du Moyen-Orient. Mon voile ne les gêne pas ».

Désormais mère de deux enfants, elle envisage de « déménager, en Suisse et plus tard encore en Angleterre ou au Moyen Orient pour que je puisse pleinement m’épanouir dans mon travail et surtout pour offrir un avenir meilleur à mes enfants. Ma priorité est de les protéger, leur avenir en France me questionne car la situation ne fait qu’empirer pour les citoyen-ne-s de confession musulmane ». Le départ à l’étranger est une autre stratégie pour plusieurs femmes musulmanes, qui se sentent en insécurité en France, même si cela demande d’en avoir les moyens.

Comme Sarah, Safya* a profité de ses congé maternité et de son congé parental durant deux ans pour réfléchir et trouver un moyen de travailler tout en pouvant garder son voile. Professeure de SES, elle a dû se confronter à l’interdiction de le porter dans le lycée, durant deux ans. « Je le retirais sur le parking de l’école, parfois je mettais un couvre-chef ou une écharpe sur ma tête pour aller dehors, j’avais de petites stratégies, cela me permettait de faire une transition entre le moment où je l’enlève et le remets », raconte-t-elle.

Elle en parle avec certain-e-s de ses collègues « proches d’elle, qui n’associent pas le voile à un symbole de soumission », mais essuie aussi des réactions islamophobes d’autres enseignant-e-s. La situation était « difficile » à vivre pour elle. « Mettre ses convictions personnelles de côté pour respecter les règles de ma vie professionnelle ce n’est pas évident. Je le vivais comme une injustice, cette interdiction du port du voile est injuste, on nous oblige à nous fondre dans le décor, cacher une partie de notre identité », s’indigne-t-elle. Après son congé parental, elle est embauchée dans un lycée privé, qui accepte qu’elle puisse porter le voile.

Après une seconde grossesse et la fermeture administratrice de l’établissement scolaire où elle travaillait, Safya* a décidé de déménager au Maroc avec sa famille. « La situation était de plus en plus anxiogène, notamment avec la crise sanitaire. Je suis soulagée désormais de ne plus avoir à faire face au quotidien à un climat islamophobe et raciste. Pour l’instant je ne travaille pas car mes trois enfants sont encore petits. Mais j’ai déjà eu plusieurs offres d’emploi pour être professeure, en gardant mon voile. »

Des opportunités de travail réduites

En France, faire le choix du voile réduit le champ des possibles dans sa carrière. Poussant parfois à aller vers des secteurs différents de ceux pour lesquels on a fait des études, souvent en allant vers des métiers plus précaires. « Les femmes voilées vivent beaucoup de violences lors des entretiens d’embauche, alors elles finissent par s’auto-censurer et ne pas postuler aux postes qu’elles méritent ou/et se présentent pour des emplois sous-qualifiés par rapport à leur diplôme. Cette discrimination à l’embauche participe à la précarisation des femmes voilées, qui parfois vont jusqu’à se retirer du marché de l’emploi », constate Laura, ancienne porte-parole de l’association Lallab, interrogée en 2019.

Karima*, la trentaine, travaillait dans le commerce. « En faisant un master commerce international je visais des postes de responsable import-export ou d’assistante des ventes, je me disais qu’en travaillant dans le commerce côté back office on me laisserait garder mon voile. Mais il y a toujours des contacts avec la clientèle et les entreprises veulent que je l’enlève, on me l’a clairement dit en entretien d’embauche. J’ai le teint blanc, alors ce n’est qu’en portant le voile qu’on me perçoit comme une étrangère », souligne-t-elle. Dans ses recherches d’emploi, elle se heurte aussi à des injonctions islamophobes, d’une organisation censée l’aider et l’accompagner. « On me parlait comme si le voile était la principale chose que je devais changer pour pouvoir trouver du travail, alors que c’était dès l’envoi du CV que cela bloquait », se souvient-elle, encore écœurée.

« Pourquoi demander à une femme d’enlever son voile ? Pour la majorité des femmes ce n’est pas un simple bout de tissu, chaque femme y met un sens différent (politique, spirituel…). Derrière cette injonction, il y a le mécanisme d’une oppression systémique, on crée un climat islamophobe, où les femmes voilées sont mises à l’écart de la société », dénonce Laura.

Lorsqu’elle était en alternance, Karima travaillait avec un bandeau sur la tête. « Je ne me sens pas bien quand j’ai la tête dénudée, je ne me sens pas honnête. Cela m’est déjà arrivé de devoir enlever mon voile, pour un job d’été de vendeuse, temporaire, je le vivais comme un déguisement d’actrice, j’enfouissais mes sentiments ». Pour un travail en CDI, ce n’est pas envisageable pour elle de faire cette concession. Karima a donc décidé de se reconvertir, vers un secteur dont les besoins en recrutement sont importants : l’informatique, en cybersécurité. « L’école 42 n’a pas de soucis à ce que je porte le voile, les recruteurs rencontrés lors des salons sont bienveillants », apprécie-t-elle. Pour Karima, « les métiers où il est dur de recruter sont moins regardants sur l’aspect religieux, en tous cas dans l’IT. »

« Les femmes musulmanes sont obligées de mettre en place des stratégies »

Quatre ans plus tard, Karima nous raconte qu’elle a finalement arrêté son cursus en informatique à cause de la crise sanitaire du Covid-19. « J’ai pu trouver un travail dans une entreprise internationale de SAV en Ile-de-France et je porte mon voile sans soucis, même quand j’interviens chez les client-e-s, je suis enfin moi-même et cela aide à faire du bon travail », souligne-t-elle. La culture internationale de cette entreprise donne un cadre davantage bienveillant concernant les pratiques religieuses. « Les femmes musulmanes sont obligées de mettre en place différentes stratégies. Certaines vont par exemple faire un choix d’études en amont en prenant en compte les secteurs où elles n’auront pas d’accès, les métiers du public par exemple ou ceux où le foulard est visible. Beaucoup d’entre d’elles se lancent aussi dans l’entrepreneuriat, partent à l’étranger, certaines font le choix de retirer leur foulard, d’autres de trouver des endroits où elles pourront continuer à le porter… », énumère Paya, chargée de formation et d’organisation collective à Lallab.

Audrey, 26 ans, a tout tenté : faire des compromis en enlevant son voile en arrivant au travail, négocier avec son patron pour pouvoir le garder, chercher un travail où elle pourrait le porter… pour finalement travailler en freelance. « En France, à part les femmes de ménage, je ne voyais personne porter le voile au travail, alors je pensais que c’était interdit. Mais en fait, cela n’est le cas que si cela figure dans le règlement intérieur de l’entreprise », souligne cette ancienne journaliste de presse locale. Elle décide en 2017 de commencer à porter le voile, un an après sa conversion. « J’ai pris moi-même la décision de ne pas le porter au travail, car je me suis dit que sinon les gens n’accepteraient plus de répondre à mes questions de journaliste. Je pense que les gens s’imaginent que le foulard nous empêche d’avoir une certaine « neutralité » », analyse-t-elle. Audrey se retrouve ainsi confrontée dans son quotidien à beaucoup d’hypocrisie. « Mes collègues savent que je porte le voile puisque je l’enlève en arrivant au bureau, je croise parfois dans la ville des personnes que j’ai interviewées… tout le monde le sait plus ou moins, même si parfois on ne me reconnaît pas avec le voile, ou que le comportement change ». Audrey a ainsi parfois eu un aperçu de ce que seraient ses conditions de travail si elle se mettait à porter le voile. « En venant voir un spectacle avec des invitations presse, on m’a jugée incapable d’être journaliste. »

« Beaucoup d’entreprises jouent sur le principe de neutralité, comme dans le service public, notamment pour les métiers où on intervient auprès d’une clientèle. Cette interdiction n’est jamais explicite, même si un principe de neutralité est parfois noté dans le règlement intérieur », constate Laura.

Depuis 2018, la situation d’Audrey a elle aussi évolué. « J’ai demandé un entretien avec mon supérieur pour pouvoir négocier le port du foulard au travail. Il m’avait dit ne pas être personnellement contre, mais que professionnellement c’était une erreur pour lui et qu’il me déconseillait de faire cela. Il m’avait dit : « si tu le fais, on devra prendre des mesures ». Je n’ai pas eu le courage, ni les moyens d’aller sur le terrain du tribunal », raconte-t-elle. En janvier 2019, suite à l’arrêt du journal pour lequel elle travaillait, elle est licenciée. Sa collègue se voit offrir un reclassement dans le groupe, mais pas elle.

Rester dans une entreprise où l’on ne sent pas bien est un choix à court terme, qui est rarement tenable. « Soit elles restent dans une sorte déni de ne pas voir ce qui passe autour d’elles, ou alors elles créent leur bulle au travail pour se protéger. Ces stratégies de protection ont un impact sur leur carrière, car elles s’isolent, cela les empêche de montrer leur personnalité au travail, de participer aux choses informelles, et donc de saisir des opportunités professionnelles », observe Paya.

Au chômage, enceinte, Audrey démarche alors des entreprises, mais avec l’idée de ne plus renoncer au foulard. « Je me souviens d’un entretien d’embauche de rédactrice où on m’avait dit “Ok, on t’embauche avec ton foulard, mais on ne pourra pas te payer au-dessus du SMIC” », témoigne-t-elle. La solution devient évidente : se lancer à son compte. Son nouveau-né « sous le bras », elle se forme donc à l’écriture web et crée son entreprise en octobre 2020.

Aujourd’hui, le chiffre d’affaires d’Audrey représente plus du double de son ancien salaire de journaliste. « Je dis et montre clairement que je porte le foulard et cela ne pose pas de problème, environ 80% de mes client-e-s ne sont pas musulman-e-s. J’utilise aujourd’hui mon foulard comme un outil de marketing répulsif, si ma pratique religieuse est un problème pour quelqu’un-e, alors je préfère que l’on ne travaille pas ensemble ».

Des solutions ?

Pour que les choses évoluent, Sarah aimerait qu’on « leur donne davantage la parole pour faire changer les regards, plutôt que d’avoir de soit disant-e-s expert-e-s non-concerné-e-s qui parlent pour nous. Nous ne portons pas le voile pour montrer une soumission à nos maris, mais dans le cadre de notre relation avec Dieu ». Pour B., « il y a un discours contradictoire sur les femmes voilées, pourquoi nous empêcher de travailler alors que le travail permet de s’émanciper ? C’est hypocrite. »

Safya était bénévole à Lallab, dans le but de « participer à améliorer le traitement médiatique, afin que le regard de la population évolue aussi vers plus de tolérance et d’ouverture. Faire entendre la parole des femmes musulmanes et ne plus les instrumentaliser pour éviter de parler de sujets politiques comme les injustices sociales ». Elle vit son départ au Maroc comme un abandon de ce combat, même si cela semblait vital pour protéger sa santé mentale : « en étant à Lallab je voulais me battre pour changer les choses en France et montrer que j’avais ma place en tant que Française. Mais tant pis. »

Des associations comme Lallab essaient de faire évoluer les choses. « La thématique des discriminations au travail, à l’embauche et dans les études, est un axe d’action que Lallab a choisi d’investir davantage depuis 2023, car il est l’un des plus importants selon nos membres. Nous commençons par identifier les difficultés, avec des groupes de paroles, mais aussi des formations pour aider les victimes à identifier les discriminations, beaucoup d’entre elles n’avaient pas conscience d’avoir subi une réelle agression. D’après nos enquête, les femmes musulmanes aimeraient qu’il y ait davantage de formation auprès des personnes chargées du recrutement et des managers, mais aussi pour les agent-e-s de Pôle Emploi. Elles aimeraient aussi être elles-mêmes mieux outillées sur leurs droits », constate Paya.

« Plutôt que d’interdire des signes religieux, il faudrait davantage de tolérance et de sensibilisation aux discriminations, ouvrir la porte à des discussions plutôt que d’interdire », suggère B. Un avis que partage Karima : « En déformant le sens de la laïcité, la religion devient un tabou, on empêche les gens de discuter, les communautés d’échanger entre elles, on favorise ainsi l’ignorance et la haine, alors que nous avons beaucoup à apprendre des autres, nos différences sont une richesse ».

Laura le rappelle : « le terme de laïcité a été instrumentalisé, on en a fait une fausse interprétation politique qui sert des intérêts racistes. La laïcité est censée être la neutralité de l’Etat, qui protège toustes les citoyen-ne-s dans leurs différences. Aujourd’hui la laïcité est utilisée pour critiquer l’islam, exclure les femmes musulmanes. Cette justification de laïcité et de neutralité doit être interrogée lorsqu’on s’en sert pour créer des injustices ».

Pour Paya, « la formation en entreprise ne peut avoir une utilité que si elle adopte une approche systémique et intersectionnelle, qu’elle s’inscrit dans la durée et touche assez de personnes au sein de la même structure. Si l’on veut un réel changement, la formation ne suffira pas, il faut un mouvement coercitif, que les entreprises ne soient pas en mesure de discriminer, que des lois les y contraignent. » Audrey aimerait voir « davantage de femmes voilées au travail, mais comme c’est compliqué d’être embauchée en gardant le voile, il faut créer nos entreprises, pour qu’elles soient plus inclusives, et davantage sensibiliser les gens. » Un travail de longue haleine.

*Le prénom a été modifié pour garder l’anonymat de la personne, à sa demande.

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Journaliste, cette ourse adore écrire sur les thématiques qui lui tiennent à coeur : discriminations, santé, féminisme, luttes… De formation littéraire, c’est une droguée de lecture et d’écriture, mais aussi une militante féministe et politique à ses heures perdues (ou gagnées !). Cette ourse est une gourmande qui ne résiste jamais à un chocolat, ou à un pot de miel… Curieuse de tout, elle traîne ses pattes sur les réseaux sociaux à la recherche de la moindre info. Taquine, elle aime embêter les autres ourses. Elle est aussi connue pour ses grognements et son caractère persévérant. Elle ne lâche rien.

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